Nantes: Plus d’un déplacement sur deux dans la métropole se fait en voiture

TRANSPORTS Les habitants peinent à abandonner leur véhicule, selon les résultats d'une grande enquête pilotée notamment par la métropole...

Julie Urbach

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Illustration d'embouteillages à Nantes.
Illustration d'embouteillages à Nantes. — F. Elsner/20 Minutes

Pour se rendre au travail bien sûr, mais aussi pour faire des courses, aller au cinéma ou chez le médecin… A Nantes métropole, 55 % des déplacements s’effectuent au volant d’une voiture ou sur un siège passager. C’est l’une des conclusions d’une grande enquête menée de septembre 2014 à mars 2015 à laquelle 20 000 habitants de Loire-Atlantique (dont 8 800 personnes domiciliées à Nantes métropole) ont participé. Les résultats de cette étude, réalisée conjointement par différentes collectivités désireuses de mieux comprendre nos habitudes en matière de déplacement, ont été dévoilés ce mardi.

Plus de 20 km par jour

Dans le détail, on y apprend que chaque habitant de la métropole bouge entre un point A et un point B plus de quatre fois par jour en moyenne (en semaine). Au total, nous sommes en transit pendant 67 minutes, pour parcourir une distance de 21 km. Si la voiture reste de loin le moyen de transport préféré, c’est parce que les habitants de Nantes métropole interrogés sont bien équipés : ils disposent en moyenne de 1,21 véhicule par ménage.

Et lorsque, enfin, ils choisissent de le laisser au garage, ils privilégient d’abord la marche à pied (26 % des déplacements, principalement pour les loisirs) et les transports en commun (15 %). Le vélo (3 %) et les deux-roues motorisés (1 %), arrivent en queue de classement. Pas tellement mieux qu’il y a cinq ans, et pour certains chiffres légèrement en deçà des objectifs fixés par Nantes métropole, dans son plan déplacements.

La façon d’aménager la ville

Avec des habitudes qui ont du mal à changer, l’augmentation de la population crée de fait une augmentation de véhicules en circulation. « La congestion résulte de nos concitoyens qui prennent parfois la voiture pour des trajets qui sont parfois plus rapides à pied, constate Bertrand Affilé, vice-président de Nantes métropole en charge des transports. Ces données interrogent sur les représentations à déconstruire, mais aussi sur la façon d’aménager la ville. Par exemple, si l’on permet aux gens de ne pas habiter trop loin de leur lieu de travail, on réduira les déplacements. »

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Pour augmenter cette part modale « décevante », la multiplication de parkings P + R le long du périphérique, un réaménagement du réseau, de nouvelles aires de covoiturage, mais aussi « de la pédagogie, et peut-être de la contrainte » font partie des pistes de l’élu.

Les autres enseignements

A l’échelle du département, l’omniprésence de la voiture est encore plus flagrante, utilisée pour deux déplacements sur trois. Au total, 5,1 millions de déplacements sont recensés par jour. 9 % de la population ne sort pas de chez elle, tandis que 6 % a la bougeotte, et effectue huit déplacements.

Des données parmi d’autres qui doivent aider désormais les collectivités à mieux définir leur politique. « On a par exemple remarqué que les voitures roulent à vide, avec en moyenne 1,36 passager, note Hugues Archambeaud, directeur de la prospective au département de Loire-Atlantique. Ça nous interpelle. » « On compte très peu de cyclistes sur les territoires ruraux, note de son côté Jean Charrier, vice-président en charge des mobilités. Il faudra réfléchir à comment inciter les habitants à davantage utiliser ce mode de déplacement, meilleur pour leur santé. »