Manifestation sur le périph: «On a montré de quoi on était capable», réagissent les anti-aéroport

NOTRE-DAME-DES-LANDES Entre 8.000 et 20.000 personnes ont manifesté samedi sur le périphérique nantais contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Les forces de l'ordre ont évacué les plus résistants vers 23h...

Frédéric Brenon
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Près de 15.000 personnes ont manifesté samedi sur le périphérique nantais.
Près de 15.000 personnes ont manifesté samedi sur le périphérique nantais. — JS Evrard/AFP

Entre 8.000 et 20.000 personnes ont manifesté à pied, à vélo et en tracteur sur le périphérique nantais samedi pour dire non au projet de nouvel aéroport et, plus particulièrement, réclamer « l’abandon des procédures d’expulsion visant des paysans et habitants historiques » de Notre-Dame-des-Landes. Une « belle démonstration de force » du point de vue des organisateurs qui retiennent le chiffre de 20.000 participants.

Un «succès indéniable» mais...

« La mobilisation est un succès indéniable. Ça a dépassé nos espérances. Une grande colère s’est exprimée mais il n’y a eu aucun dérapage », note Julien Durand. Le porte-parole de l’Acipa, principale association opposée à l’aéroport, a tout de même un regret. « François Hollande est resté silencieux. Les procédures d’expulsion n’ont pas été stoppées. » Une première audience est prévue mercredi, à 11h, au tribunal de grande instance de Nantes. « La détermination est montée d’un cran. On appelle à un rassemblement devant le TGI à 10h30 », lance Julien Durand.

«Le choix du périphérique était le bon»

Si la grande majorité des manifestants s'est éparpillée dans l’après-midi, une cinquantaine de tracteurs et près de 300 personnes ont tenté de rester positionnés sur le pont de Cheviré au moins vingt-quatre heures supplémentaires. Ils ont finalement été délogés par les forces de l’ordre, vers 23h, après plusieurs avertissements. « Ils ont envoyé des gaz lacrymogènes et ont saccagé nos installations [tentes, barnum] alors qu’on avait accepté de se replier », peste Jean-François Guitton, l’un des porte-parole du collectif d’agriculteurs Copain 44.

« Malgré les provocations, il n’y a pas eu d’affrontement, ni de débordement. On peut être satisfait. Manifester sur le périphérique plutôt qu'en centre-ville était un bon choix. On a montré de quoi on était capable. Et ce n’est pas fini. D’autres initiatives locales vont s’organiser », soutient Jean-François Guitton.