Notre-Dame-des-Landes: Une procédure d'expulsion lancée contre les «occupants historiques»

PROJET D'AEROPORT Quatre agriculteurs et onze familles résidant sur la future zone aéroportuaire vont faire l'objet d'une procédure d'explusion...

F.B. avec AFP

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Un millier de personnes ont marché contre le projet d'aéroport samedi à Notre-Dame-des-Landes
Un millier de personnes ont marché contre le projet d'aéroport samedi à Notre-Dame-des-Landes — AFP

Aéroports du Grand Ouest (Vinci) a lancé des procédures d’expulsion contre quatre exploitants agricoles et onze familles, locataires ou propriétaires installés sur la zone aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes, ayant déjà fait l’objet d’une procédure d’expropriation, a fait savoir l’Acipa, la principale association d’opposants au nouvel aéroport.

En saisissant le tribunal d’une assignation d’heure à heure (procédure d’extrême urgence), jeudi10 décembre, le concessionnaire demande « une expulsion immédiate » de ces « occupants historiques », dénonce l’Acipa, qui estime que ces expulsions devaient être suspendues par la parole de François Hollande et un accord politique passé avec le PS, lesquels s’engageaient à geler toute action jusqu’à l’épuisement des recours juridiques engagés contre l’aéroport. Le Premier ministre, Manuel Valls, considère, de son côté, que les recours ayant été rejetés en première instance (mais pas en en appel), les travaux peuvent débuter.

Au moment des régionales et de la COP21

« Cette reprise des procédures d’expulsion est révoltante, entre les deux tours des élections régionales et en pleine COP21, alors qu’on attend un geste exemplaire de la France pour abandonner le projet », s’insurge l’association.

Par ailleurs, le tribunal d’instance de Nantes réexaminera fin janvier une demande en référé du concessionnaire du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, visant à expulser les occupants d’une ferme située sur la Zad, à Grandchamps-des-Fontaines, investie le 10 octobre par une dizaine de militants anti-aéroport.

Un millier de manifestants samedi

Samedi après-midi, un millier de personnes ont manifesté contre le projet d’aéroport à l’occasion d’une marche reliant Notre-Dame-des-Landes au Bourget, véritable lieu-dit situé à Fay-de-Bretagne. Une référence à la conférence mondiale sur le réchauffement climatique qui se déroule au même moment au Bourget (Seine-Saint-Denis).

La préfecture de Loire-Atlantique avait annoncé le 30 octobre une reprise « à partir de 2016 » des travaux préalables à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui aurait dû initialement être inauguré en 2017, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes.