FC Nantes: Il y a un an, il était éducateur de jeunes footballeurs et évoluait à Pau en CFA...

INTERVIEW Hicham M'Laab (25 ans), arrivé cet été de Pau (CFA) à la la Jonelière, a participé à son premier match de L1, samedi soir, contre Bastia (0-0), à la Beaujoire...

David Phelippeau

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Hicham M'Laab ici avec l'équipe reserve.
Hicham M'Laab ici avec l'équipe reserve. — J. Bouchacourt / www.footamateur.fr

A 25 ans, le milieu de terrain Hicham M’Laab, arrivé cet été à la Jonelière en provenance de Pau, a joué ses premières minutes en L1, samedi, contre Bastia (0-0). Cet ancien pensionnaire de la talentueuse génération rennaise M’Vila ou Brahimi n’a jamais réussi à signer pro. A Rennes (2005-2010) puis à Lens (2013-2014), il a été retoqué. Celui qui évolue depuis le début de la saison en CFA est actuellement en discussions pour devenir professionnel au FCN. Entretien avec un type qui a plus que jamais la tête sur les épaules.

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Où étiez-vous il y a un an ?

J’étais à Pau. J’étais footballeur amateur en CFA. J’avais un contrat amateur et j’encadrais les jeunes du club.

Aviez-vous fait une croix sur le monde pro ?

Un petit peu. Après mon passage à Lens, on se dit qu’on n’a pas trois chances… Nantes a fait appel à moi et je les en remercie.

Comment expliquez-vous vos échecs à Rennes et Lens ?

Je ne me pose pas cette question. C’est le passé. Je préfère voir ce qu’il va se passer demain. En grande partie, ça doit être de ma faute. Je n’étais pas prêt ou j’avais trop d’impatience. Je ne veux incriminer personne. Je n’ai aucune rancune envers qui que ce soit. Tout ce que j’ai appris pendant toutes ces années m’a armé pour affronter ce que j’affronte aujourd’hui.

>> Son but en 2008 avec Rennes en finale de la Gambardella

Quand tu vois les carrières de Brahimi, M’Vila, as-tu des regrets ?

Il ne faut pas oublier qu’il y a une vie après le foot… Footballeur pro, c’est super, mais attention à Pau, je vivais aussi de ma passion. Bien sûr, pas comme un joueur de L1, mais il y a des choses dans le monde amateur que pour rien au monde j’aurais voulu ne pas connaître. Des choses qui font que je suis un autre homme et que je suis plus terre à terre aujourd’hui. Cela m’a permis de savoir qui j’étais et où je voulais aller.

Vous y avez toujours cru ?

J’ai toujours cru à ce rêve, mais ce n’est qu’un début aujourd’hui. Je bénéficie de beaucoup de suspendus et de blessures. Il ne faut pas s’attarder sur mon cas.

Vous êtes un peu le grand frère en CFA ?

C’est vrai. C’est Hicham, le grand frère. Les jeunes de la réserve ont l’âge de mon petit frère. J’essaie leur faire comprendre que le foot c’est bien, mais que derrière il faut rester simple, discret et très agréable car on vit de notre passion, et ce n’est pas donné à tout le monde. Je veux leur faire passer ce message pour qu’ils n’aient pas de désillusions comme j’ai connu, moi, à 20 ans. Quand on est proches du but et qu’on ne l’atteint pas, ce n’est pas évident de repartir à zéro et de se demander ce qu’on va faire. Il faut garder les pieds sur terre et respecter tout le monde.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Je ne réfléchis pas. Je vis au jour le jour. Je suis très croyant. Je vis le moment présent.

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