FC Nantes: «Il faut dire que je reviens de loin!», estime Abdoulaye Touré

INTERVIEW Le milieu de terrain du FCN (21 ans), «célèbre» notamment pour avoir été au coeur de l'affaire des trois points de Bastia (2013), était titulaire pour la première fois en L1, samedi soir, à Monaco (1-0)...

David Phelippeau

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Le milieu de terrain Abdoulaye Touré face à Monaco, samedi soir.
Le milieu de terrain Abdoulaye Touré face à Monaco, samedi soir. — VALERY HACHE / AFP

Personne ne s’y attendait. Au coup d’envoi de Monaco-Nantes (1-0) samedi, le milieu de terrain Abdoulaye Touré (21 ans) était titulaire. Dimanche, le natif de Malakoff, malheureusement «célèbre» avec l’affaire des trois points de Bastia de 2013, est revenu sur cette grande première. On lui a arraché un seul sourire lorsqu’on lui a fait remarquer que c’était Bastia qui venait à la Beaujoire samedi. « Quelle coïncidence », a lâché celui qui est sous contrat jusqu’en juin 2017.

Comment s’est passée cette première titularisation en Ligue 1 ?

Au début, j’ai essayé de bien me placer. Mes partenaires m’ont bien guidé. Au fur et à mesure, j’ai essayé de montrer mes qualités. J’ai su le matin même du match que j’étais titulaire. J’étais surpris. Il faut dire que je reviens de loin, mais en attendant, ça montre que je n’ai jamais lâché. C’est une récompense pour moi.

Pourquoi dites-vous que vous revenez de loin ?

C’est un tout. Ça part du match de Bastia en 2013. Ensuite, il y a une saison [2013-2014] durant laquelle je ne fais que des bancs puis mon début de saison dernière compliqué suivi d’un prêt en National au Poiré-sur-Vie…

Ça représentait quoi ce prêt pour vous ?

C’était une échappatoire. Le Poiré est un endroit où je devais aller pour m’échapper de tout ce qu’il y avait autour. Avec tous les soucis que j’ai eus [fin 2014, il est agressé au couteau à Malakoff]…

On a le sentiment que l’affaire des trois points au cœur de laquelle vous étiez vous a plombé ?

Je l’ai pris pour moi car mon nom était cité. Ça m’a fait reculer. J’aimerais bien qu’on parle de moi en tant que footballeur et pas en tant que quelqu’un mêlé à une affaire administrative.

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Vous avez failli partir cet été [contact notamment avec Châteauroux, National] ?

Oui et il y avait des contacts. Après, la décision m’appartenait. Dans ma tête c’était clair. Je voulais rester car j’ai ressenti qu’il y avait moyen de faire quelque chose cette année. Mon objectif premier c’est de faire le plus de matchs possible à Nantes. Ça a commencé aujourd’hui et j’espère que ça va continuer.

Il y a beaucoup de joueurs à votre poste (B. Touré, Gomis, Deaux…)… C’était risqué de rester ?

Dans le football, il y a la concurrence. C’était repartir en arrière que de ne pas l’accepter. J’ai voulu affronter cette concurrence en restant à Nantes.

Vous êtes dans l’effectif pro depuis deux ou trois ans sans avoir beaucoup joué [une apparition contre Bastia en 2013]. Avez-vous le sentiment d’avoir perdu votre temps ?

Perdu du temps je ne sais pas. C’est vous qui le dites. J’espère juste maintenant intégrer le groupe de manière définitive.

N’avez-vous pas peur de perdre patience si vous ne jouez encore pas beaucoup cette saison ?

Moi, je suis musulman. La patience est une vertu dans ma religion, donc perdre patience, jamais de la vie !