FC Nantes: «L'ambiance de la Beaujoire me manque», confie Olivier Veigneau

INTERVIEW L'ancien capitaine nantais (2011-2015) évolue désormais dans le club turc de Kasimpasa...

David Phelippeau

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L'ancien capitaine du FC Nantes Olivier Veigneau, désormais en Turquie.
L'ancien capitaine du FC Nantes Olivier Veigneau, désormais en Turquie. — JS Evrard / AFP

Cela fait bientôt trois mois que le capitaine a quitté le navire. Destination Kasimpasa en D1 turque. Olivier Veigneau (30 ans), Nantais de 2011 à 2015, ne regrette aujourd’hui pas du tout son choix d’être parti de Nantes, avec qui il était encore lié un an. Entretien (réalisé avant les attentats de vendredi à Paris) jalonné d’éclats de rire, d’anecdotes et de petits clins d’œil à la tribune Loire.

Comment allez-vous ?

Sportivement, c’est vraiment positif [Kasimpasa est 6e]. Je n’ai aucun regret d’avoir quitté Nantes. A Nantes, je ne savais pas où j’allais. Ici, j’ai plus de visibilité. Je suis sous contrat pour deux ans voire trois [contrat de 2 ans + 1]. J’ai enchaîné tous les matchs et l’équipe tourne plutôt bien. Je prends du plaisir. A Nantes, mon temps de jeu aurait sans doute été plus faible. On aurait pu avoir plusieurs points supplémentaires avec des décisions arbitrales plus justes. A chaque match, on rivalise ou on peut battre n’importe qui.

On parle souvent de l’ambiance chaude dans les stades…

Contre Besiktas, on a joué dans un autre stade car le leur est en rénovation. Ils n’étaient que 25 000. Le bruit était assourdissant. Ils ont tous entonné - comme avant chaque rencontre - l’hymne du pays. Ça m’a donné des frissons. De manière générale, ils montrent toujours leur amour pour leur drapeau. Après l’attentat d’Ankara, il y a trois semaines, il y a eu une vraie mobilisation de tout le pays. A l’entraînement, on portait un tee-shirt de soutien aux victimes. Par ailleurs, il y a quinze jours [le 29 octobre], pour la fête nationale, mon fils a été obligé de s’habiller en rouge et blanc à l’école. Bon, on l’a habillé tout en rouge car le blanc à l’école avec mon fils (rires)… Après, au niveau ambiance, c’est relativement décevant.

C’est-à-dire ?

Il y a eu tellement d’incidents que les mesures de sécurité pour entrer dans les stades sont draconiennes. Les affluences ont chuté. Surtout dans mon club. Parfois, on se croirait à Monaco en L2 contre Istres… L’ambiance de la Beaujoire me manque. Quand je vois encore le tifo déployé contre l’Olympique de Marseille…

Comment définiriez-vous le jeu en Turquie ?

C’est plus ouvert. Ça prend plus de risques, c’est plus porté vers l’avant. Les joueurs tentent beaucoup de gestes très techniques.

Et le rythme des entraînements ?

C’est souvent comme en France. On a un entraînement par jour. Si c’est le matin, on a petit-déjeuner ensemble, entraînement à 11 h puis déjeuner ensemble au centre d’entraînement. Si la séance a lieu l’après-midi, on déjeune ensemble, on s’entraîne puis on dîne ensemble. Le centre d’entraînement est magnifique. On a tout sur place, c’est aussi pour ça qu’on y passe autant de temps. On a par exemple chacun notre chambre personnelle. Aussi, on fait des mises au vert de malade. Dès le vendredi soir, on dort au centre pour un match le samedi soir…

Qu’est ce qui vous a le plus surpris ?

Toutes les stars. Nani et Van Persie à Fenerbahçe, Gomez et Quaresma à Besiktas, Eto’o à Antalyaspor. Il y a de l’argent, c’est clair.

Comment s’est passée l’intégration de votre famille ?

Ça a été difficile au début pour ma femme, mon fils de 4 ans et moi-même. A l’école, mon fils ne comprenait rien. C’était soit du turc, soit de l’anglais. On est passé de Carquefou à Istanbul. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. Mon fils sait même dire tous les chiffres et toutes les couleurs en anglais.

Suivez-vous toujours le FCN ?

Bien sûr. J’ai souvent Riou et Deaux. Je regarde les matchs sur Canal + et je consulte souvent l’application 20 Minutes (rires). Contre l’OM, j’ai lutté pour regarder le match car il était 23 h chez nous quand il a démarré…

Racontez-nous votre dernière soirée à la Beaujoire avant votre départ définitif…

C’était un super-moment. J’ai revu des images car ma femme m’avait fait un montage vidéo. C’était fabuleux pour un joueur de partir dans de telles conditions, avec les applaudissements du public et les remerciements du club. Franck Kita m’a remis un maillot avec le numéro 133 dans le dos. 133 comme le nombre de matchs joués sous le maillot nantais. Je suis parti à 2 heures du matin et il y avait encore des supporters qui m’attendaient sur le parking. Ce fut une soirée inoubliable.