Un squat occupé par des migrants visé par un cocktail molotov à Nantes

FAITS DIVERS Quatre personnes ont réussi à éteindre le feu avec de l'eau et des couvertures...  

D.B. avec AFP

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Illustration d'un véhicule de police.
Illustration d'un véhicule de police. — Franck LODI/SIPA

Un squat occupé à Nantes par une cinquantaine de migrants africains a été la cible d'un jet de cocktails molotov dans la nuit de samedi à dimanche, provoquant un début d'incendie, mais sans faire de blessé, a-t-on appris auprès de leur comité de soutien.

Le préfet de la région Pays de la Loire, Henri-Michel Comet, a condamné «avec la plus grande fermeté cet acte intolérable», dans un communiqué, et annoncé qu'il saisissait le procureur de la République de Nantes. La maire de Nantes, Johanna Rolland, a aussi réagi sur Twitter :

Vers minuit samedi, alors que les occupants s'apprêtaient à s'endormir, deux (bien deux) engins incendiaires ont été lancés par un ou plusieurs inconnus par une fenêtre de la maison du quartier Chantenay, qu'ils occupent depuis près d'un an.

«Celui qui a fait ça, il a voulu nous tuer»

Un feu s'est déclaré, que quatre d'entre eux ont réussi à éteindre avec de l'eau et des couvertures, selon le Collectif de soutien aux expulsés de la rue des Stocks. Sur place, des traces de suie étaient visibles dimanche à une fenêtre extérieure et à l'intérieur de la pièce atteinte par l'engin incendiaire, où régnait une forte odeur de brûlé, selon le quotidien Ouest-France, qui a révélé l'affaire.

«Celui qui a fait ça, il a voulu nous tuer», a témoigné un des occupants cité par le quotidien.

En l'absence de plainte des occupants, le préfet a indiqué avoir demandé à la police de se rendre sur place afin de réaliser toutes les constatations utiles à l'enquête et qu'il a signalé ces faits au procureur.

L'enquête est ouverte

De son côté, le Collectif de soutien a dénoncé dimanche une «agression criminelle et xénophobe, qui s'inscrit dans une suite d'actes de plus en plus violents à l'encontre des migrants : inscriptions racistes, poses de cadenas sur les portes d'un squatt et dégradations diverses à l'encontre des associations qui soutiennent les migrants».

Dénonçant «la politique laxiste du gouvernement et des autorités locales, qui laissent toute liberté d'agir lâchement à des groupes xénophobes et racistes», le Collectif a demandé l'ouverture rapide de «centres d'accueil inconditionnel et de qualité» pour les personnes «sans abri, sans papiers, sans possibilité de travail».

Outre la maison visée par les cocktails molotov, occupée par des migrants venus essentiellement du Soudan, d'Erythrée et de Somalie, un autre squat regroupe à Nantes plusieurs dizaines de migrants dans un presbytère du quartier Doulon depuis l'été 2014.