Nantes: Après plusieurs blessés par balles dans les quartiers, des mesures et des interpellations

SECURITE Mairie, préfecture et parquet se sont mis d'accord, lundi soir, sur différentes actions...

Julie Urbach

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Dimanche, un jeune homme a été la cible d'un tirs rue d'Angleterre
Dimanche, un jeune homme a été la cible d'un tirs rue d'Angleterre — J. Urbach/ 20 Minutes

Après les récents épisodes de violences survenus dans les quartiers Bottière et Malakoff, et quatre jeunes gens blessés par balles, une rencontre s’est tenue lundi soir, en préfecture, et en toute discrétion. Le point sur ce regain de tension et les dernières avancées.

Quelles sont les mesures décidées ?

La préfecture, la ville et le parquet, qui expriment « leur condamnation unanime de ces actes intolérables » viennent de dévoiler différentes mesures. « Nous avons décidé la centralisation des enquêtes afin qu’elles soient suivies par un magistrat unique, détaille Johanna Rolland, maire de Nantes. Il a aussi été décidé l’accélération de l’expertise des prélèvements réalisés au titre de la police technique et scientifique. » Un groupe de travail regroupant les différents services d’enquête va aussi être créé.

De premières décisions, symboliques, alors que la maire de Nantes avait surtout annoncé, jeudi dernier, avoir écrit à Manuel Valls pour l’interroger sur les renforts de police promis.

Pourquoi cette réunion s’est-elle tenue ?

Depuis quinze jours environ, les échanges de tirs se sont multipliés dans le quartier Bottière mais surtout dans le secteur de Malakoff. Quatre hommes ont été blessés par balles, dont l’un grièvement et en pleine journée ce dimanche, à proximité de la petite aire de jeux de la rue d’Angleterre. Selon des riverains, l’état de santé de ce jeune de 23 ans serait désormais stabilisé. Ces derniers jours, plusieurs détonations ont aussi été entendues, sans que personne ne soit touché.

Où en est l’enquête ?

Confiée à la police judiciaire, l’enquête ne fait que commencer. Des contrôles quotidiens sont effectués. Depuis le 19 octobre dernier, sept personnes ont été interpellées et l’une d’entre elle a été écrouée dans le cadre d’une information judiciaire. Mais les témoins se font rares, de peur des représailles. La préfecture rappelle que « la loi protège le témoin en lui permettant de déposer de manière anonyme ».

Pourquoi ce regain de violence ?

Pour le syndicat Alliance, la situation est claire : « On est sur un partage de territoires, des oppositions entre bandes rivales liées à l’économie souterraine, indique Arnaud Bernard, secrétaire départemental du syndicat de police. Plusieurs coups de feu en quelques jours, c’est assez épisodique. Même si ce n’est pas le Bronx, la délinquance a augmenté à Nantes depuis quelques années. C’est le résultat d’un manque de moyens et de matériel peu adapté »

Qu’en pensent les habitants ?

Dans le quartier Malakoff, on ressent bel et bien une montée de l’insécurité. « Ça fait peur, confiait ce mardi midi une mère de famille. Depuis que j’ai entendu les tirs, j’ai dit aux enfants de rester à la maison. Hier j’ai vu la police qui patrouillait à midi, et l’après-midi. Mais aujourd’hui déjà, on dirait qu’elle est partie. C’est toujours pareil. »

« Ce n’est pas une petite minorité qui va pourrir la vie du quartier, Malakoff ne mérite pas d’avoir cette image, estime Mouloud Abdelkafi, 67 ans, président de l’association maghrébine des seniors nantais, dont le local se situe à deux pas du lieu de la dernière attaque. Il nous faut davantage de policiers et arrêter d’avoir peur : j’appelle tous les habitants à dire ce qu’il sait pour que cela s’arrête enfin. »