FC Nantes: «Cana-Diarra, ça aurait pu faire une belle association pour l'OM», estime José Anigo

INTERVIEW L’ancien directeur sportif de l’OM évoque, avec beaucoup de spontanéité et de plaisir, le Canari Lorik Cana, qu’il connaît bien…

David Phelippeau

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Marseille le 7 février 2013 - Présentation de la nouvelle recrue de l ' OM Aleixys ROMAO en présence du directeur sportif José ANIGO ( photo )
Marseille le 7 février 2013 - Présentation de la nouvelle recrue de l ' OM Aleixys ROMAO en présence du directeur sportif José ANIGO ( photo ) — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Six ans après l’avoir quitté, le défenseur Lorik Cana va retrouver l’Olympique de Marseille, ce dimanche soir (21 h, FCN-OM). L’Albanais a passé quatre saisons sur la Canebière. José Anigo, directeur sportif à l’époque, évoque Cana (32 ans), un joueur qui n’a visiblement pas laissé indifférent à l’OM.

Expliquez-nous comment Cana est arrivé à l’OM en 2005 ?

On est allés le chercher avec Pape Diouf car on cherchait un milieu défensif. Il jouait moins au PSG. On a saisi l’opportunité. Ça s’est fait un peu dans la douleur car il a fallu qu’il aille au combat avec le PSG, mais il est venu.

Ce n’était pas simple pour l’OM d’aller chercher un Parisien ?

On l’a fait quelques fois, mais Lorik est sans doute notre plus grande réussite. Si on prend tous les Parisiens venus à l’OM, il y a eu pas mal d’échecs. Il y a eu parfois un rejet de la part du public marseillais. Lorik a très rapidement fait l’unanimité car c’est un combattant, un caractériel. Il a vite montré son envie de jouer à l’OM.

Quels souvenirs en gardez-vous ?

Avant d’être un joueur de foot, c’est un homme qui s’intéresse à tout. Vous pouvez parler de tout avec lui. Ce n’est pas le benêt du foot comme vous en trouvez parfois. Il est différent. C’est une grosse personnalité. Dans le vestiaire, il s’est baladé.

Vous aviez des rapports privilégiés avec lui ?

Oui, avec Lorik, avec son papa et sa maman. Il a un contexte familial très fort et très soudé. Et comme nous [Marseillais], on est dans ce registre-là, ça collait. Lorik est quelqu’un qui est au fond de mon cœur.

C’était le chouchou du Vélodrome ?

Oui, très vite. Aujourd’hui, si vous faites un sondage pour savoir s’il doit revenir à l’OM, il n’y aura pas une voix qui dira non ! Il a laissé une empreinte forte, il n’a jamais créé de problèmes.

Il a failli revenir à l’OM cet été…

Je pense que ça aurait été utile pour l’OM d’avoir un taulier comme ça. C’est plus qu’un joueur, c’est quelqu’un dans une équipe qui emmène tout le monde dans son sillage. Cana et Lassana Diarra, ça aurait pu faire une belle association.

Une anecdote sur Cana ?

Je suis un adepte des bergers allemands et j’étais souvent à la Commanderie avec un de ces chiens. Lorik, il a fallu que je lui donne le nom de l’éleveur pour qu’il aille acheter le même. Il était tombé amoureux de mon chien. Il doit toujours l’avoir je pense.

Il était déjà très investi pour son pays l’Albanie à l’époque de l’OM ?

Bien sûr. Quand il partait en sélection ou quand il y avait des sujets qui concernaient l’Albanie, il n’était presque plus joueur de foot. J’ai l’intime conviction que Lorik, tôt ou tard, intégrera une structure politique de son pays.