Insécurité à Nantes: La mairie met la pression sur l'Etat et la police

SOCIETE La maire de Nantes, Johanna Rolland, demande à l'Etat et à la police nationale d'en faire plus pour lutter contre l'insécurité dans les quartiers et en centre-ville...  

Frédéric Brenon

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Des policiers nationaux dans les quartiers Nord et Bottiere
Des policiers nationaux dans les quartiers Nord et Bottiere — Julie Urbach / 20 Minutes

Après les nombreux faits de violence survenus ces dernières semaines dans les quartiers et en centre-ville de Nantes (coups de feu, bagarre mortelle, viols…), la maire de Nantes, Johanna Rolland (PS), a élevé le ton ce jeudi et affirmé sa « détermination » dans la lutte contre l’insécurité.

« La sécurité est un droit pour chacun. Je suis allée à la rencontre des habitants de Malakoff cette semaine. J’entends et je comprends leur ras-le-bol », affirme la maire de Nantes, avant de « rappeler la responsabilité de chacun des acteurs » et de mettre la pression sur l’Etat.

« Ni angélisme, ni démagogie »

« La lutte contre le banditisme et le crime, c’est le job de l’Etat et de la police nationale. Pas celui de la ville comme je l’entends parfois », déclare Johanna Rolland. « Sur ces questions, il ne faut ni angélisme, ni démagogie », insiste-elle.

« Il y a eu six coups de feu dans les quartiers depuis le 8 octobre. A un moment, ça suffit. Il faut que l’Etat se reconcentre sur ses priorités locales. Il faut monter d’un cran », renchérit Gilles Nicolas, adjoint au maire chargé de la sécurité publique.

Le Premier ministre interpellé sur les renforts annoncés

La ville de Nantes s’interroge par ailleurs sur ce que sont devenus les 54 policiers nationaux arrivés en renfort en 2014 sur insistance de la municipalité. Un courrier vient d’être envoyé en ce sens au Premier ministre Manuel Valls. « Nous voulons savoir si oui ou non ces 54 policiers sont présents. Et s’ils le sont, où sont-ils affectés réellement », justifie Johanna Rolland. « Il y a une crispation sur ce point avec les représentants locaux de l’Etat, ajoute-elle. Alors on écrit au Premier ministre. »

La vidéosurveillance pas pour tout de suite

Concernant ses promesses de campagne en matière de sécurité, la maire de Nantes a indiqué ce jeudi que la Maison de la tranquilité publique ouvrira ses portes à partir d’octobre 2016. Ce lieu central, où le public pourra venir signaler toute problématique en matière de voisinage, bruit, propreté, stationnement ou incivilités, sera installé à la Manufacture des tabacs.

Le développement de l’îlotage par des policiers municipaux est envisagé dans un second temps, pour 2017. Quant au déploiement de la vidéosurveillance, « la réflexion se poursuit ». « Mais il ne faut pas se leurrer : l’îlotage et la vidéoprotection ne régleront pas le banditisme à Nantes », prévient Johanna Rolland.