Nantes: Les piétons ont-ils tous les droits?

SONDAGE Les comportements dangereux des piétons nantais sont plus fréquents que la moyenne nationale, selon une étude OpinionWay-MMA révélée par 20 Minutes…

Frédéric Brenon
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Des piétons traversant le cours des 50-Otages, en pleine zone à trafic limité.
Des piétons traversant le cours des 50-Otages, en pleine zone à trafic limité. — F.Brenon/20Minutes

Extension du plateau piétonnier, création d’une zone à trafic limité (ZTL), développement des zones 30… Nantes métropole fait, depuis plusieurs années, tout pour encourager les déplacements doux et la marche à pied en particulier. Les automobilistes nantais sont aussi réputés plutôt courtois en ce qui concerne le respect des passages protégés.

Pour autant, les comportements à risques des piétons de l’agglomération nantaise sont monnaie courante en ville et plus fréquents que la moyenne nationale, selon une étude réalisée par OpinionWay pour l’assureur MMA et révélée en exclusivité par 20 Minutes*.

Plus de 90 % traversent hors des passages piétons, 80 % lorsque le feu est rouge, 75 % se déplacent en téléphonant, 29 % marchent avec des écouteurs, 18 % sans regarder à gauche et à droite, indique le sondage. Alors, ingrats et dangereux nos piétons ?

« Le piéton se sent tout puissant »

Pour Franck Ladurelle, président du syndicat des taxis de Loire-Atlantique, cela ne fait guère de doute. « Le piéton se sent tout puissant en ville. Les habitudes qu’ils prennent dans les zones réservées, ils les exportent en dehors. Au volant, il faut avoir les yeux partout, de plus en plus. C’est encore pire aux approches des établissements scolaires. »

La TAN, elle aussi, n’ignore pas le phénomène et intensifie les campagnes de prévention concernant les risques de collision avec les bus et les tramways. Les cyclistes sont également assez critiques. « La plupart des piétons se déplacent comme s’ils étaient seuls au monde. Marcher sur les pistes cyclables est devenu le sport numéro un. A Commerce, à la descente du tramway, ils font ce qu’ils veulent », s’agace Nicolas, cycliste quotidien.

« Si on fait attention, ça ne craint rien »

« Il n’y avait personne, justifie Corentin, surpris en train de traverser la rue de Strasbourg en dehors d’un passage clouté. Il ne faut pas exagérer, si on fait attention, ça ne craint rien. » « Rester plantée devant un feu piéton rouge alors qu’il n’y a aucune voiture, ça ne m’arrive jamais, sourit Gaëlle un peu plus loin. Je crois que c’est notre culture latine qui est comme ça. On n’est pas en Allemagne ici. »

Anne-Lise refuse de noircir le tableau. « Les piétons sont les moins rapides et donc les plus exposés au danger. C’est surtout aux autres de faire attention », estime-elle. « On doit tous s’interroger pourquoi on se permet ce genre de choses. On est tous piéton à un moment ou un autre », complète Jean-Paul.

« La transformation de l’espace public ne va pas s’arrêter »

« Bien sûr, les piétons n’ont pas tous les droits. Ils doivent faire preuve de responsabilité et de prudence, comme l’ensemble des usagers de la route, assure Thomas Quéro (PS), conseiller municipal en charge des déplacements doux. Mais les piétons sont très minoritairement responsables d’accident de la circulation. Les comptages montrent que la part de la marche à pied se développe. Une ville apaisée profite à tous. La transformation de l’espace public au bénéfice du piéton ne va pas s’arrêter. »

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* Etude réalisée en ligne par OpinionWay pour MMA, du 21 au 29 septembre 2015, auprès d’un échantillon de 1001 individus, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus selon la méthode des quotas et d’un sur-échantillon de 900 habitants de grandes agglomérations.