Nantes: Comment la ville tente de lutter contre le gaspillage alimentaire dans ses écoles

ENVIRONNEMENT Pesée des déchets, installation de composteurs... On fait le point à l'occasion de la journée nationale du gaspillage alimentaire...

Julie Urbach

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Les enfants de l'école Alain Fournier à la cantine — J. Urbach/ 20 Minutes

Elle traverse la cour avec un grand seau blanc, suivie par d’autres bambins curieux. A l’école Alain Fournier (Bellevue) comme tous les midis ou presque, Lorelyne et ses camarades vont jeter leurs déchets au composteur, une fois le repas à la cantine terminé. « C’est pour rendre la terre meilleure » sourit la petite fille, en CP. « Et donner à manger aux abeilles ! », ajoute un garçon.

Si tous n’ont pas exactement bien saisi le rôle de cette installation, tous les enfants de cette école savent en tout cas que leurs déchets serviront à quelque chose, plutôt que de remplir les poubelles. Alors que la journée nationale contre le gaspillage alimentaire est célébrée ce vendredi, la ville a annoncé vouloir aller plus loin en étoffant son plan d’action.

Les portions de légumes réduites de 10 grammes

Sur le sujet, certaines mesures commencent à faire leurs preuves. « Nous avons commencé un travail d’identification en pesant ce qui était jeté dans les cantines, détaille Catherine Choquet, adjointe à la restauration collective. Nous nous sommes aperçus que cela concernait 50 % des légumes ! » Alors que la cuisine centrale de Nantes, qui fournit 14.000 repas par jour, utilise plus de quatre tonnes de denrées par jour, décision a été prise de réduire les portions de légumes de 10g (moins de 10 %). « Ça ne change presque rien dans les assiettes des enfants mais nous avons économisé 10 tonnes de légumes en un an, soit l’équivalent de 15.000 euros », continue l’élue.

 

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A l’image des composteurs, dont sont déjà équipées une vingtaine d’écoles, d’autres actions de sensibilisation sont mises en place. Lors de pique-niques écoresponsables, on conseille par exemple aux petits de venir avec une gourde plutôt qu’une bouteille en plastique. Pour les animations jardinage, sur le temps périscolaire, certains enfants sont encouragés à récolter les fonds de pichets d’eau pour alimenter l’arrosoir. « Un enfant sensibilisé va toucher cinq personnes autour de lui, assure Myriam Naël, adjointe à l’éducation. C’est notre mission de leur apprendre que l’on peut faire différemment ».
 

Réduire l’écart entre les repas prévus et ceux réellement servis

Au delà de ces actions, la lutte contre le gaspillage passe par une prise de conscience des agents et des familles. L’objectif est à terme de réduire l’écart entre le nombre de repas prévus, fabriqués quelques jours en avance, et les repas servis chaque jour : environ sept repas sont perdus par jour et par restaurant scolaire. En attendant, des réflexions sont en marche pour que cette nourriture puisse être donnée à des associations de quartier, en lien avec les écoles.