Pays de la Loire: Dernière session du mandat (et de sa carrière) pour Jacques Auxiette

POLITIQUE Le socialiste, qui préside le conseil régional depuis onze ans, se retire de la vie politique en décembre…

Frédéric Brenon

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Jacques Auxiette, aprèssa réélection à la tête du conseil régional en 2010.
Jacques Auxiette, aprèssa réélection à la tête du conseil régional en 2010. — F.Perry/AFP

Il restera, pour beaucoup, ce socialiste vendéen ayant fait basculer à gauche une région Pays de la Loire alors dirigée par François Fillon. C’était en avril 2004. Onze ans et demi plus tard, Jacques Auxiette présidera ce vendredi son ultime session au sein de l’assemblée régionale.

La dernière de son mandat, puisqu’il ne briguera pas sa propre succession aux élections de décembre. La dernière de sa carrière politique, aussi, puisqu’il a annoncé qu’il laissait la place après 38 années passées dans le costume d’élu.

Ses principales fiertés

« C’est une fin annoncée, donc je ne me sens pas particulièrement ému, confie Jacques Auxiette, 74 ans. J’ai consacré beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, à l’engagement politique. Et j’ai le sentiment de ne pas avoir été inutile. »

Parmi ses principales fiertés à la tête d’un conseil régional aux compétences élargies, celui qui a été réélu en 2010 évoque la gratuité des manuels scolaires et des formations sanitaires et sociales, le pack 15-30 pour l’autonomie des jeunes, le doublement de la fréquentation des TER et la mise en service du tram-train, la construction d’une dizaine de lycées, la suppression de la taxe sur les permis de conduire, ou encore les deux grands emprunts citoyens.

« Il laissera une trace dans l’histoire régionale »

Mais ce qu’il met le plus volontiers en avant est « d’avoir redonné de la confiance et du dynamisme à la filière industrielle » grâce au lancement du Technocampus puis de l’IRT Jules-Verne ou au soutien apporté aux usines Airbus et aux chantiers navals STX. « La région a joué son rôle de facilitateur », se félicite-il sobrement.

Les collaborateurs de Jacques Auxiette saluent son « investissement total », son « sens du collectif » ou sa « capacité à entrer dans l’arène quand il le fallait ». « Il laissera une trace dans l’histoire régionale », est convaincu Patrick Delpech, vice-président de la région chargé des finances (PS).

« Sous son mandat, la région s’est dispersée »

Ses adversaires n’ont pas le même point de vue. « Sur bien des dossiers, la place de la région a régressé sous son mandat, estime François Pinte, chef de file de l’opposition (Les Républicains). A vouloir tout faire, du social, de l’international, des petites subventions qui coûtent cher en instruction, la région s’est dispersée et en a oublié l’essentiel : les infrastructures, la création de richesses, les grands équipements. Son influence nationale n’a pas été suffisante. L’endettement, lui, a explosé. Jacques Auxiette est resté, de plus, un grand inconnu pour beaucoup de Ligériens. »