FC Nantes: «L'équipe nationale est le symbole du rêve d'unité du peuple albanais», explique Lorik Cana

INTERVIEW L'Albanie s'est qualifié pour la première fois de son histoire à une compétition internationale, l'Euro 2016 qui aura lieu en France...

David Phelippeau

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Albania's Lorik Cana (L) vies with Serbia's Aleksandar Mitrovic during the Euro 2016 qualifying football match between Albania and Serbia at the Elbasan Arena in Elbasan on October 8, 2015. AFP PHOTO / GENT SHKULLAKU
Albania's Lorik Cana (L) vies with Serbia's Aleksandar Mitrovic during the Euro 2016 qualifying football match between Albania and Serbia at the Elbasan Arena in Elbasan on October 8, 2015. AFP PHOTO / GENT SHKULLAKU — AFP

Historique. Pour la première fois de son histoire, l’Albanie s’est qualifiée, dimanche dernier, en s’imposant (0-3) en Arménie, pour une compétition internationale. Le défenseur central du FC Nantes Lorik Cana (32 ans), capitaine et symbole de la sélection albanaise, sera donc présent avec sa nation à l’Euro en France en juin prochain. Entretien avec un joueur qui a atteint « un rêve inaccessible et inimaginable ».

Racontez-nous votre arrivée, lundi, à Tirana…

On a été accueillis par des milliers de personnes à l’aéroport. Il y avait plein de gens tout au long du chemin [ils ont été reçus par les politiques]. En ville, c’était extraordinaire. Ce sont des choses que tu gardes en souvenir toute la vie.

Cette qualification semble aller au-delà du cadre sportif en Albanie ?

Le peuple albanais se reconnaît dans nos valeurs. Notre équipe nationale est un symbole du désir et du rêve d’unité de notre peuple. La moitié de nos joueurs sont du Kosovo, les autres viennent de Macédoine, de Serbie ou encore de Suisse. On représente l’union nationale. On a donné de la joie, du plaisir et de la fierté à des gens qui ont un quotidien pas toujours facile. C’est le plus beau cadeau qu’on pouvait leur faire.

Pour vous, ça doit être une immense fierté ?

Cela fait 13 ans que je milite avec l’équipe nationale. Je suis heureux, avant d’arrêter ma carrière, de jouer une grande compétition avec mon pays, parce qu’il le mérite. Je me suis toujours battu pour qu’on y arrive. Je me suis battu aussi pour convaincre d’autres joueurs albanais qui ont grandi ou sont nés à l’étranger [beaucoup vivent en dehors du pays] de jouer pour notre sélection. Leur présence est une des raisons d’ailleurs de notre réussite actuelle.

Vous devez être soulagé, délesté d’un poids sur un plan personnel ?

D’un poids non, mais ça fait treize ans que je lutte. Treize ans de sacrifices, de voyages, de fatigue, de défaites et de victoires. C’est top d’y arriver, mais ça ne veut pas dire non plus qu’on arrivera en France en touristes. On ne vient pas pour prendre des valises et rentrer au pays en disant que : « Ah ! C’était sympa la France ! ». Il faudra déjà essayer de passer les phases de groupes.

Cerise sur le gâteau, ça sera en France…

Le fait que ça soit en France, c’est encore plus beau. J’espère que le destin me fera revenir au stade Vélodrome ou au Parc des Princes [il a joué à l'OM et au PSG]…