Violences conjugales: Les téléphones pour femmes en grand danger arrivent à Nantes

SOCIETE Le parquet de Nantes va recevoir cinq de ces appareils destinés à lutter contre les violences faites aux femmes...

Julie Urbach

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NANTES, le 15/03/2013 Le téléphone ressemble à n'importe quel smartphon
NANTES, le 15/03/2013 Le téléphone ressemble à n'importe quel smartphon — FABRICE ELSNER/20MINUTES

Il suffira d’appuyer discrètement sur une touche, préprogrammée, pour appeler à l’aide. D’ici quelques jours, cinq téléphones un peu particuliers vont arriver au parquet de Nantes. Afin de mieux lutter contre les violences conjugales, ces appareils appelés Téléphones grave danger (déjà en test dans une dizaine de départements et en cours de déploiement sur le territoire national) seront remis à des femmes dans des situations de très grand danger, et de qui les conjoints ont normalement interdiction d’approcher. Trois téléphones seront aussi disponibles dans le bassin nazairien. La convention, qui réunit police justice secteur associatif et collectivités, qui rend effectif ce dispositif, a été signée ce mercredi.

Appel géolocalisé

« En cas de danger avéré, la plateforme d’assistance pourra déclencher l’intervention des forces de l’ordre », détaille Brigitte Lamy, procureur de la République de Nantes, qui aura la charge de désigner les bénéficiaires. Pour faciliter les opérations, le téléphone, d’allure classique pour ne pas éveiller les soupçons, sera réactif même verrouillé, et la victime n’aura pas besoin de le porter à son oreille pour être entendue, grâce à un système de captation de la voix perfectionné. L’appel sera géolocalisé.

Tout savoir sur le téléphone d’alerte pour les femmes victimes de violences

« Ce dispositif ne réglera pas tous les problèmes mais il va déjà pouvoir rassurer ces femmes, souvent très isolées, réagit Elisabeth Massamba-Débat, vice-présidente de l’association Solidarité femmes 44. Selon elle, 1.400 nouveaux cas de violences faites aux femmes ont été recensés à Nantes en 2014. Au niveau du département, s’il est difficile de mesurer le phénomène, une femme a perdu la vie sous les coups de son conjoint l’an passé. « On ne voit pas de baisse d’activité, continue la responsable associative. Et la violence conjugale touche tous les milieux et peut prendre des formes très diverses. »

Un hébergement d’urgence pour le conjoint violent

La convention signée ce mercredi renforce aussi la mesure d'« éviction de conjoint » en vigueur dans le département depuis 2013. Afin que la victime n’ait pas à partir de chez elle, un dispositif d’hébergement d’urgence, ou plus durable, est proposé à son compagnon violent. Des stages de sensibilisation « pour réfléchir aux conséquences pénales, relationnelles, et familiales » de ces actes leur sont également proposés. Ils seront élargis au bassin nazairien dès le mois de décembre.