FC Nantes: «J'aurais pu rester complètement paralysé ou mourir», raconte Florian Jarjat

FOOTBALL En janvier dernier, l'ancien défenseur du FC Nantes (2009-2010) et de Troyes (2010-2015) a été victime d'un AVC en pleine séance d'entraînement...

David Phelippeau

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Florian Jarjat (à gauche), ici face au Marseillais Rémy en 2012.
Florian Jarjat (à gauche), ici face au Marseillais Rémy en 2012. — DANOUN PAUL/SIPA

Il a tutoyé la mort. Le vendredi 30 janvier dernier, Florian Jarjat, Nantais en 2009-2010, s’effondre en pleine séance d’entraînement sur un de ses coéquipiers. Le défenseur central troyen le saura quelques jours plus tard, mais il est en fait victime d’un AVC (accident vasculaire cérébral).

Neuf mois plus tard, Jarjat (35 ans), qui est en arrêt de travail, va « un peu mieux ». Sa voix est lente. Le ton posé. Le souvenir de ce maudit jour est intact.

Il s’effondre sur un de ses coéquipiers

« Je m’entraînais avec la CFA2 de Troyes. Il y avait un groupe qui faisait des frappes, et un autre, de la vitesse. Je faisais partie du second. Après un ou deux passages, mon champ de vision s’est rétréci brusquement. Le préparateur physique m’a seulement touché et ma vue est redevenue normale. Je suis alors retourné faire l’exercice de vitesse. Puis, subitement je suis tombé sur Marcos, mon coéquipier. J’avais des fourmis dans la main droite. Mon visage s’est affaissé au niveau de ma joue droite. J’ai cru à une crise cardiaque, j’ai donc dit au préparateur physique d’appeler les pompiers. Cinq minutes plus tard, ils sont arrivés. Tout mon côté droit était paralysé. » Lorsqu’il arrive aux urgences, « tout était redevenu normal ». Jarjat regagne même son domicile le soir même.

Il a échappé de peu à la mort

Les médecins croient tout d’abord à accident ischémique transitoire (AIT), mais une IRM révélera que l’ex-Canari a fait un AVC. Rapidement, on lui explique que cet accident peut être lié à tous les chocs physiques subis et inhérents à son métier de footballeur professionnel.

« J’ai eu deux traumatismes crâniens et souvent les cervicales touchées », avoue Jarjat, qui arrivait en fin de contrat en juin dernier avec l’ESTAC. Rapidement, il comprend que reprendre son métier de footballeur relève de l’utopie, mais surtout comporte un danger de mort pour lui. Il a échappé par miracle une fois à la faucheuse. Hors de question de prendre le moindre risque. « J’ai eu un accident très sérieux. Mes coéquipiers ont eu peur que j’y passe. J’aurais pu rester complètement paralysé ou mourir. »

Une nouvelle vie débute

Pourtant très bien soutenu par les dirigeants de Troyes, le staff technique et ses coéquipiers, Jarjat a vécu trois ou quatre mois difficiles après l’accident. « Je ressentais une énorme fatigue. Je n’arrivais même pas à me lever. J’avais des maux de tête. Et que c’était dur de stopper comme ça du jour au lendemain mon métier. »

Aujourd’hui, Florian Jarjat n’a « pas gardé de lourdes séquelles ». Il marche normalement. Rend souvent visite à ses anciens coéquipiers, bricole et fait même de temps en temps du vélo en salle. Il avoue toutefois souffrir de « quelques maux de tête et avoir parfois des blancs ». « Je vois les mots, mais je n’arrive pas à les sortir », précise-t-il.

Le foot, une passion indélébile

Père de deux garçons (et bientôt d’une petite fille), il profite à l’envi de la vie, mais a encore du mal imaginer « son nouveau futur ». « J’ai de la chance d’être encore là, de pouvoir être avec mes deux garçons. Cet accident me fait relativiser beaucoup de choses. » Il réfléchit aussi à son avenir. Beaucoup même. « J’ai du mal à me projeter sur autre chose que le foot, confesse-t-il. Je me voyais jouer jusqu’à 38 ou 39 ans. J’étais tellement passionné par mon métier de footballeur que je me demande ce qui pourrait me passionner autant à l’avenir. »

Le club de Troyes pourrait lui proposer une reconversion, un poste d’éducateur par exemple. Florian Jarjat envisage ainsi de passer les diplômes d’entraîneur dès que possible…