Nantes: Des passionnés font revivre le «Super Constellation», avion mythique des années 50

AVIATION Une vingtaine de fan d'aviation travaillent, depuis 15 ans, à remettre en état le Super Constellation n°4519, à Saint-Aignan-de-Grandlieu...

20 Minutes avec AFP

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Le Super constellation — G. Gobet/ AFP

C’est le seul exemplaire encore conservé en France de cet avion de ligne « mythique » de l’après-guerre, qui n’a plus volé depuis 1974. Depuis quinze ans, une poignée de bénévoles passionnés d’aviation « bichonne », près de Nantes, le Super Constellation n°4519. « J’ai l’impression de revivre ma jeunesse. C’est le premier avion civil que j’ai piloté », raconte Michel Beyssat, 85 ans, ancien commandant de bord chez Air France et président de l'« Amicale du Super Constellation ».

Après sa mise en service en 1953 et avoir sillonné le monde entier, avec à son bord quelques célébrités, dont Coco Chanel ou Grace Kelly, ce Super Constellation est brièvement utilisé pour des missions humanitaires avant de se poser définitivement le 12 mai 1974, à Nantes. Pendant 25 ans, il connaît une histoire mouvementée, racheté d’abord par un industriel nantais, puis par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Nantes, et devient enfin propriété de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

L’équipage partait 15 jours

Une à deux fois par semaine, une vingtaine de « fanatiques d’avions » se réunissent, la plupart retraités, sur un petit bout de terrain de la zone aéroportuaire de Nantes-Atlantique, tout près de la tour de contrôle et de la piste, à Saint-Aignan-de-Grandlieu, pour « tout remettre en état et pour que les gens qui ne l’ont jamais vu voler le découvrent, comme il était à sa naissance », souligne Michel Beyssat.

De son temps, pour rallier Tokyo, « l’équipage partait 15 jours et passait par Rome, Istanbul, Téhéran, Karachi, Calcutta, Bangkok, Manille », égrène-t-il, nostalgique de « la vie d’escale ». Et c’est à bord d’un Super Constellation qu’il a rencontré sa femme, glisse-t-il.

L’avion, classé Monument historique, a conservé ses aménagements intérieurs d’origine, des spacieuses toilettes hommes et femmes aux compartiments pour les bagages à main, et d’autres trésors : vieux tickets de cinéma, échantillons de parfum, et même un petit mot, dans lequel un navigateur adresse à une hôtesse de l’air, sa « chère amie », ses « plus doux baisers ».

Restauration des sièges et des hublots

« On avance petit à petit pour lui faire reprendre son allure d’origine », mais c’est un « sacré chantier », long et coûteux, rappelle le vice-président de l’association Patrick Pelletier. Après avoir posé les huit hublots du cockpit refaits à neuf, les bénévoles ont démonté les quatre fauteuils de la cabine de pilotage, en cours de rembourrage en simili cuir.

Dix sièges passagers et une quarantaine de hublots situés dans la partie centrale de l’appareil vont également être restaurés dans les prochains mois, détaille Claude Rouland, secrétaire de l’Amicale et coordinateur des travaux. L’homme qui a un autre projet en tête : protéger ce joyau des airs, qui ne volera plus, de l’humidité et des dépôts de kérosène en le mettant à l’abri sous un toit couvrant.