Nantes: Un appel à réunir des fonds pour faire décoller les entrepreneurs des quartiers

SOCIETE L'association «Pas de quartier» recherche des entreprises volontaires pour soutenir financièrement des projets issus des quartiers défavorisés...

Frédéric Brenon

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Bruno Zerbib, Laurent Stephan et Alain Ghanime, porteurs du projet de fonds d'investissement.
Bruno Zerbib, Laurent Stephan et Alain Ghanime, porteurs du projet de fonds d'investissement. — F.Brenon/20Minutes

Constatant que de nombreux entrepreneurs des quartiers prioritaires échouent à lancer leur activité faute de fonds propres, des chefs d’entreprise ont décidé de se retrousser les manches pour leur permettre de décoller. Réunis au sein de l’association «Pas de quartier», ils vont lancer un fonds d’investissement innovant à l’échelle de l’agglomération nantaise.

L’idée est simple : des entreprises ou collectivités volontaires subventionnent un pot commun qui sera utilisé pour épauler financièrement 15 à 20 porteurs de projet chaque année. Le soutien prendra la forme de prise de participation et/ou de prêt d’honneur. L’objectif est de réunir 500.000 euros d’ici un an. L’appel est lancé.

« Des entrepreneurs pauvres qui s’épuisent »

« On voit des entrepreneurs motivés tenter de monter leur boîte sans le moindre euro. Mais le problème c’est que, sans un minimum d’apport, on n’obtient pas de prêt bancaire. Même les dispositifs de soutien (Fondes, Réseau entreprendre, etc.) réclament un petit peu de capital pour commencer. Et s’ils passent cet obstacle, bien souvent ils n’arrivent pas à s’en sortir, ne parviennent pas à se développer, faute de trésorerie. C’est comme ça qu’on a des entrepreneurs pauvres qui s’épuisent », explique Alain Ghanime, porteur du projet et PDG de la société TMG à Saint-Sébastien.

« Pas facile de défendre son projet quand on n’a pas les codes »

« Ce sont des gens qui n’ont pas forcément les clés, ne bénéficient pas de l’appui d’un réseau, et sont parfois un peu réfractaires aux parcours administratifs. Or les fonds propres, c’est ce qui donne de la crédibilité à une société », ajoute Laurent Stéphan, autre membre de Pas de quartier, par ailleurs dirigeant de 4Mod Technology.

« Quand on n’a pas les codes, qu’on ne parle pas pareil, qu’on s’habille différemment, ce n’est pas facile de défendre son projet. Mais on voit bien qu’avec ce type d’initiative, on n’est pas tout seul. Si on y croit, c’est possible », témoigne Philippe Bayock, un entrepreneur originaire de Bellevue et des quartiers nord, fondateur de la société de nettoyage B Clean.

Convaincre une vingtaine d’entreprises d’ici un an

Pas de quartier espère convaincre d’ici un an au moins une vingtaine d’entreprises de contribuer au fonds d’investissement. Le ticket moyen d’entrée est évalué à 20.000 euros. « L’entreprise qui s’engagera participera au développement économique du territoire. Elle valorisera son image et pourra bénéficier d’un réseau », est convaincu Alain Ghanime. L’association assure avoir déjà plusieurs contacts avec des dirigeants. La maire de Nantes, Johanna Rolland, s’est montrée également intéressée.