Meurtre de Laëtitia Perrais: Le procès en appel de Tony Meilhon, «une épreuve terrible»

JUSTICE Le procès en appel du meutrier de Laëtitia Perrais, séquestrée puis démembrée en 2011 près de Pornic, s'ouvre ce mardi à Rennes...

Frédéric Brenon

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Maitre Fathi Benbrahim, avocat de Tony Meilhon, lors du procès d'assises en juin 2013 à Nantes
Maitre Fathi Benbrahim, avocat de Tony Meilhon, lors du procès d'assises en juin 2013 à Nantes — Fabrice Elsner

Il avait marqué les esprits en réclamant, avec provocation, une « peine maximale » devant la cour d’assises de Loire-Atlantique en 2013. Les jurés lui avaient d’ailleurs donné raison en le condamnant à la prison à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, et accompagnée d’une éventuelle « rétention de sûreté » à sa sortie de détention. C’est cette dernière mesure, extrêmement rare, et l’envie de rompre avec son isolement carcéral quotidien, qui avaient finalement convaincu Tony Meilhon, 36 ans, de faire appel.

Prévu pour durer douze jours, le nouveau procès débute donc ce mardi devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine à Rennes. Il aurait déjà dû se tenir en novembre 2014, mais avait été repoussé au dernier moment en raison d’un mouvement de grève national des avocats.

Jessica Perrais « très angoissée »

Pour les proches de Laëtitia Perrais, cette jeune femme de 18 ans retrouvée tuée et démembrée près de Pornic (Loire-Alantique) début 2011, ce second face-à-face avec celui qui a été reconnu coupable d’enlèvement et séquestration suivis de mort s’annonce éprouvant. « C’est une épreuve terrible qui redémarre à zéro. Jessica est très angoissée. Le report de l’audience l’an passé n’a fait qu’accentuer son inquiétude », confie Cécile de Oliveira, avocate de la sœur jumelle de la victime.

Un certain « Monsieur X »

Outre le maintien ou non de la « rétention de sûreté », l’enjeu de ce procès d’appel sera d’éclaircir le déroulé des faits. En première instance, Tony Meilhon avait en effet livré une version peu convaincante. Les rapports légistes indiquent que Laëtitia a été étranglée et poignardée plus d’une quarantaine de fois. Lui assure avoir poignardé la jeune femme alors qu’il la croyait déjà décédée suite à une chute de scooter. Il n’avait également eu de cesse d’affirmer, sans pouvoir le prouver, avoir reçu l’aide d’un certain « Monsieur X » pour découper le corps et le cacher dans des plans d’eau des environs.

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Tony Meilhon a « envie que les choses soient dites »

« Mon client apparaît déterminé, coopératif, il a envie que les choses soient dites, promet Fathi Benbrahim, l’avocat de Tony Meilhon. Il assume et reconnaît clairement sa responsabilité dans l’homicide de Laëtitia Perrais. En revanche, il nie toute agression sexuelle et confirme la participation d’un complice. »

« Je ne crois pas du tout à cette version, insiste Cécile de Oliveira. Je crains plutôt que Tony Meilhon se permette de nouvelles provocations, de nouveaux mensonges. J’ai prévenu ma cliente qu’elle ne devait rien attendre de lui.»

Un fait divers hors norme

Le meurtre de Laëtitia Perrais avait suscité à l'époque l’émoi dans la France entière. En raison de l’atrocité du drame (il avait fallu trois mois aux gendarmes pour parvenir à rassembler le corps de Laëtitia), d’une part. En raison, d’autre part, des vives critiques émises par Nicolas Sarkozy, alors chef de l’Etat, à l’encontre de la justice et des conseillers d’insertion, lesquelles avait entraîné une importante grève des tribunaux.

Il y avait même eu un autre volet sordide à l’affaire avec la condamnation, en mars 2013, de Gilles Patron, père d’accueil de Laëtitia, à 8 ans de prison pour viols et/ou agressions sexuelles sur cinq victimes, dont Jessica Perrais.