FC Nantes: «Il n'y a pas de jour off au Genoa comme on pouvait avoir au FCN», explique Issa Cissokho

INTERVIEW L'ancien défenseur du FCN estime que la charge de travail au quotidien est plus importante en Italie...

Propos recueillis par David Phelippeau

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Issa Cissokho à l'entraînement au Genoa.
Issa Cissokho à l'entraînement au Genoa. — Genoa / Instagram

Non, non, il n’a pas changé. Issa Cissokho (30 ans) ne se départit jamais de sa bonne humeur. Cette dernière transpire encore plus depuis que l’ancien défenseur nantais a commencé fin juillet une nouvelle aventure au Genoa (15e du Calcio). Le Sénégalais, qui a joué six matchs sur sept depuis le début de la saison, est heureux – « ma famille m’a rejoint récemment » –, malgré une charge de travail physique au quotidien bien supérieure à celle pratiquée à Nantes.

Comment se passe votre nouvelle vie au Genoa ?

Il y a tout ce qu’il faut pour s‘épanouir ici. La ville est sympa. Il y a la mer et le soleil. Aujourd’hui, j’ai la confiance du coach. J’ai participé à tous les matchs, sauf un car j’étais suspendu…

Vous avez été expulsé contre la Lazio de Djordjevic

C’était le premier carton rouge de ma carrière. Cela fait bizarre d’avoir été suspendu. Et puis, surtout, je ne savais pas ce que je devais faire quand j’ai pris le carton. Prendre ma douche ? Attendre, mais où ? En fait, je devais rester dans les loges avec le président. Cela m’a foutu les boules de quitter la pelouse aussi vite, surtout contre la Lazio de Filip Djordjevic.

C’est quoi la principale différence entre l’Italie et la France au niveau football ?

Franchement, il y a une grosse charge de travail ici. J’en ai discuté avec d’autres joueurs français qui jouent en Italie. Il n’y a pas de jour off comme on pouvait avoir à Nantes. Certains jours, on faisait un footing, ou une séance à la carte ou c’était libre à Nantes… Au Genoa, le mardi par exemple, on enchaîne entraînement le matin puis on mange au restaurant du club, puis on poursuit avec une séance l’après-midi avec du travail physique. J’arrive le mardi au centre vers 10 h et je repars le soir vers 17 h-18 h. Ça, c’est la grosse journée du mardi.

Et les séances sont très intenses…

Oh lalala ! C’est terrible. Un joueur français se souvient de son arrivée en Italie. Sur juillet et août, ici, en préparation, on doit faire au moins 100 km. Quand je suis arrivé, je me suis dit que je n’allais pas tenir. L’intensité des séances n’a rien à voir avec ce que j’ai connu à Nantes. Je fais 5 ou 6 km par jour. J’ai un GPS chaque jour sur moi. T’es obligé d’être à fond tout le temps. Physiquement, je me sens beaucoup mieux qu’à Nantes. En revanche, le soir, quand je rentre et que ma fille pleure, c’est dur (rires)

Et les conséquences de ce travail sur vos matchs ?

Quand je joue le week-end, je ne suis jamais fatigué. J’arrive à 10 km par match et j’ai encore du jus… Il faut bien préciser qu’à l’entraînement, on a tous notre GPS, contrairement à Nantes où on n’en avait que quatre ou cinq. Et à la fin de la séance ou le lendemain de l’entraînement, des feuilles sont affichées au vestiaire avec le nombre de kilomètres parcourus et la vitesse maximale de chacun. C’est très pointu.

Parlez-nous de l’ambiance…

C’est un truc de fou. Les gens te reconnaissent très rapidement. Moi, je suis grillé dans mon quartier… Les jours de match, les gens sont à fond avec les maillots et les écharpes dans les rues. L’ambiance est exceptionnelle au stade.

Heureux de vivre ça à 30 ans, on imagine ?

Très content d’avoir pu changer de club. J’ai atterri dans une famille. Je découvre un nouveau pays et nouvelle culture. Et je découvre surtout des vraies pizzas et des vraies pâtes !