FC Nantes: «Sur mon canapé, je n'arrivais pas à y croire...», avoue Bintou Iloki, la maman de Jules

TEMOIGNAGE La maman de Jules Iloki, révélation récente du FC Nantes, s'exprime sur le parcours de son fils et la semaine folle qu'elle a vécue...

David Phelippeau

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Jules Iloki heureux après son ouverture du score à Nice.
Jules Iloki heureux après son ouverture du score à Nice. — VALERY HACHE / AFP

Presque à chaque fois qu’il prend la parole, Jules Iloki (23 ans), buteur à deux reprises (un seul sera comptabilisé en raison du report du match Nice-Nantes) en une semaine pour les Canaris, lance un petit message à sa maman. « La première personne que j’appelle après un match », avouera-t-il, après son but inscrit à Lille (0-1). 20 Minutes a joint Bintou Iloki, la maman de Jules. « Je préfère rester dans l’ombre », dit-elle d’emblée, pour éviter qu’on lui propose de la photographier. Avant de se lancer dans le récit du parcours de son fils, avec une voix teintée d’émotion par moments et de fierté souvent. Témoignage.

Son arrivée à Nantes

« Jules est arrivé à 14 ans à Nantes. Il était sollicité par beaucoup de clubs. On a fait le choix du FCN en raison du cadre scolaire. Ce n’était pas trop son truc l’école. Au Centre éducatif nantais pour sportifs [CENS], nous avons été bien reçus par son directeur. Il y a eu aussi un vrai feeling avec Vincent Bracigliano [responsable du recrutement au centre à l’époque] et Bernard Blanchet [recruteur à l’époque]. J’ai toujours privilégié l’école pour mes enfants. Je suis restée en région parisienne [elle vit aux Ulis] quand il a débuté à Nantes. Tous les quinze jours-trois semaines, avec mon autre fils [Aladji, de 9 ans son cadet], on descendait à Nantes. On avait négocié des billets de train avec le club. C’était important pour Jules de ne pas couper avec son petit frère. Sa réussite actuelle, il la doit aussi à ce cocon familial. J’ai toujours été derrière lui. Déjà, quand il jouait aux Ulis, je l’accompagnais partout. »

Ses années nantaises

« Aujourd’hui, il a un agent [Meissa N’Daye], mais il travaille en étroite collaboration avec Jules et moi. On le protège du mieux qu’on peut. A Nantes, Samuel Fenillat [directeur du centre] et Mathieu Bideau [responsable du recrutement du centre] ont beaucoup œuvré en coulisses pour mon fils. Jules a aussi toujours beaucoup travaillé et fait des sacrifices, mais il a fallu être souvent derrière lui quand ça allait moins bien. On a toujours cru en ses qualités. Je suis de l’avis de Samuel Fenillat, cette période à Luçon [prêté au club vendéen de National de janvier à juin 2014] lui a fait du bien. Il s’est reconcentré sur son métier. Il vivait avec Yacine [Bammou] dans la petite commune de Saint-Aubin-la-Plaine. C’était difficile certains week-ends quand il n’était pas dans le groupe ou qu’il était sur le banc. »

Sa notoriété soudaine

« Il y a une grosse dizaine de jours, on était invités chez des membres de notre famille pour regarder le match Nantes-PSG. Dès ses premières prises de balle, je l’ai senti bien. Je ne suis pas une expressive. Ma joie était intérieure. Je me suis dit : « Ça y est, il n’est pas arrivé, mais il a franchi le fameux palier. » Jules joue comme il est dans la vie. Il est très spontané. Les bouderies, c’est lui. Les fâcheries, c’est lui. Pour son premier but à Lille [0-1], on était à la maison. Son frère a explosé quand Jules a marqué. Moi, j’étais assise sur le canapé, je n’arrivais pas à y croire. Encore une fois, il a encore un très long chemin à parcourir, mais je pense qu’il a compris beaucoup de choses pour y arriver. Bon, maintenant, je vais juste à avoir à allumer la télé pour le voir. L’autre jour, quelqu’un dans la rue m’a félicité dans la rue aux Ulis. Mais, honnêtement, je ne vois pas grand monde car je suis casanière. J’ai reçu aussi des textos d’anciens éducateurs des Ulis. Je suis très fière de lui. »