Nantes : Les bibliothèques nantaises déstockent à prix cassés

LECTURE Une braderie de 15.000 livres est organisée ce samedi au Lieu Unique pour faire de la place dans les collections...

Frédéric Brenon

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Nantes, le 1er octobre 2014, illustration médiathèque Jacques-Demy
Nantes, le 1er octobre 2014, illustration médiathèque Jacques-Demy — Frederic Brenon / 20 Minutes

Dans le jargon des bibliothécaires, on appelle cela du « désherbage ». Chaque année, entre 30.000 et 40.000 ouvrages, sur un fonds de 500 000 documents en libre accès, sont retirés des bibliothèques municipales de Nantes.

« On s’en débarrasse parce qu’ils sont en mauvais état, obsolètes, ou parce que leur intérêt ne justifie plus de les avoir en double ou triple exemplaire. Les capacités de stockage limitées obligent à faire de la place », justifie Aymeric Seassau, adjoint (PC) au maire.

De 0,20 euro à 2 euros l’ouvrage

Mais qu’on se rassure, ces documents indésirables ne partent pas à la poubelle. Près de la moitié d’entre eux (environ 15.000) est mise en vente ce samedi à prix cassés au Lieu Unique (de 10h à 18h). Les romans, BD ou albums jeunesse sont ainsi accessibles pour 1 euro pièce, les livres de poche pour 0,20 euro, les beaux livres 2 euros et les revues 0,50 euro les trois. Dans la limite de dix documents par personne.

Un succès énorme l'an passé

« La première braderie avait connu un très gros succès l’an dernier, se souvient Aymeric Seassau. Le public était très divers : du collectionneur de BD à la famille saisissant l’opportunité de se constituer une bibliothèque, en passant par la personne cherchant un coup de cœur. »

Les autres ouvrages retirés sont donnés aux bibliothèques associatives de quartier conventionnées (Dervallières, Malakoff, Saint-Jacques, Saint-Joseph-de-Porterie), au centre pénitentiaire ou à des partenariats solidaires à l’étranger.

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700.000 euros par an pour des nouveaux documents

Chaque année, la ville de Nantes dépense 700.000 euros pour l’achat de nouveaux documents destinés à ces bibliothèques. Il s’agit par exemple des sorties littéraires, de manuels et guides à réactualiser, ou de documents d’excellence enrichissant le patrimoine de la ville, comme un manuscrit de Jules Verne.

« On ne réduit pas notre ambition dans ce domaine, insiste Aymeric Seassau. La lecture publique est un élément central de la politique municipale. C’est le travail des bibliothécaires de sélectionner les livres à acquérir, bien loin du regard des élus. »

La ville de Nantes dispose de quatre médiathèques et quatre bibliothèques. Les abonnés, au nombre de 50.000, représentent 17 % des Nantais, soit un taux bien supérieur à la moyenne des villes françaises de plus de 100.000 habitants (12,5 %). Pas moins de 1,6 million de prêts ont été effectués en 2014.