A Nantes, les cours de breton pour adultes font un carton

ENSEIGNEMENT Depuis 2013, Nantes serait la métropole où le nombre d' inscrits en cours du soir est le plus élevé...

Julie Urbach

— 

Illustration d'un cours de breton niveau 3
Illustration d'un cours de breton niveau 3 — J. Urbach/ 20 Minutes

Il y en a tous les soirs, parfois le midi, dans toute l’agglo et pour tous les niveaux. A Nantes, on ne manque pas d’occasions pour suivre un cours de breton. Il faut dire que la demande est forte : alors que la rentrée vient de sonner, les inscriptions à ces leçons d’une heure et demi par semaine sont toujours plus nombreuses. Et c’est du sérieux. « Il y a trois ans, nous avions seulement cinq cours pour les niveaux élevés. En cette rentrée, nous en avons 15 », compte Julia Thépaud, coordinatrice de l’association Kentelioù An Noz.

Avec plus de 260 adultes (selon l'office public de la langue bretonne) inscrits l’an passé, Nantes est même, depuis deux ans, la ville où les effectifs sont les plus élevés, devant Brest et Lannion. « Le regard sur la langue a changé, estime Aorelian, enseignant de l’association. Le breton, ce n’est plus un héritage que l’on porte mais une langue bien vivante, en phase avec le monde dans lequel on vit. » « J’adore la culture et la musique celtiques, indique Christine, inscrite en niveau 3. C’est quand même plus sympa de comprendre ce que l’on chante ! »

Un atout professionnel

Les raisons de se mettre au breton seraient aussi multiples que le nombre d’apprenants. Si, pour beaucoup d’entre eux, il s’agit de revendiquer le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne et de retrouver ses racines, pour d’autres, maîtriser le breton serait un réel atout dans le monde du travail. Pour la cinquième année consécutive, une dizaine de Nantais viennent de commencer une formation intensive de 35h par semaine, qu’ils suivront pendant six mois.

« Il y a un besoin criant de personnels en langue bretonne, notamment dans l’enseignement assure Gwenvael Jequel, directeur du centre de formation Skol an Emsav à Saint-Herblain. D’autant qu’un projet de crèche en breton devrait voir le jour à la rentrée prochaine. » Selon l’office public de la langue bretonne, entre 1.500 et 1.700 postes devraient demander cette compétence, en 2017.

 

Dans les écoles aussi

L’enseignement bilingue progresse aussi. A Nantes, selon le groupe d’élus de l’Union démocratique bretonne, 523 élèves sont scolarisés dans l’enseignement Diwan, public et catholique, soit 25 de plus qu’à la rentrée dernière.