Angers: «On est tous dans le même bateau et il n'y a pas de star au SCO», explique Romain Thomas

INTERVIEW Cinquième après 8 journées de L1 et surprenant vainqueur (1-2) de l'OM dimanche dernier, Angers, qui reçoit Bastia, ce samedi, surfe sur une vague de confiance. Entretien avec son défenseur central Romain Thomas...

David Phelippeau

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Angers' defender Romain Thomas reacts after scoring against Marseille, during the League One soccer match between Marseille and Angers, at the Velodrome Stadium, in Marseille, southern France, Sunday, Sept. 27, 2015. (AP Photo/Claude Paris)/MAR114/574586819100/1509271559
Angers' defender Romain Thomas reacts after scoring against Marseille, during the League One soccer match between Marseille and Angers, at the Velodrome Stadium, in Marseille, southern France, Sunday, Sept. 27, 2015. (AP Photo/Claude Paris)/MAR114/574586819100/1509271559 — Claude Paris/AP/SIPA

Là, ça devient sérieux. Angers SCO fait sensation en ce début de saison. Le succès (1-2), dimanche, à Marseille, est venu donner encore plus de saveur et de crédibilité à cette belle entame du promu angevin. Le défenseur central Romain Thomas (27 ans), rescapé de l’accession en L1, n’est pas surpris plus que cela.

Quelles sont la ou les raisons de ce formidable début de saison ?

L’intégration des nouveaux s’est faite rapidement. Il y a eu un chamboulement de l’effectif, mais la trêve s’est bien passée. On s’est tout de suite bien entendus. C’est la clé de notre réussite. Par ailleurs, notre succès (0-2), lors de la première journée à Montpellier, nous a fait prendre conscience qu’on pouvait faire des résultats contre des équipes de L1. C’est une histoire de confiance, et on a tous confiance les uns en les autres.

On ne peut finalement pas dire que vous êtes sur la dynamique de la montée car l’équipe a été profondément renouvelée…

Nous, les anciens, on a fait passer un message : on est tous dans le même bateau et il n’y a pas de star au SCO. C’est l’équipe qui prime. Personne ne se met au-dessus du groupe. Avec ce message, on a fait perdurer la dynamique de la saison dernière.

Sentez-vous une vraie effervescence à Angers ?

Depuis ma première année [2013] ici, ça a vraiment changé. Il n’y avait pas trop de monde pour nous parler dans la rue, mais là, depuis la fin de saison dernière, on sent que les gens sont derrière nous. Ils attendaient qu’Angers remonte en Ligue 1 [22 ans sans L1]. Ils sont tellement heureux de nous voir là et de voir des grandes équipes. C’est pour ça qu’ils nous arrêtent dans la rue maintenant. Bon, on n’est pas harcelés non plus, mais il y a des mots sympas souvent maintenant…

On sent une grande sérénité en interne ?

C’est sûr depuis que le président Saïd Chabane est arrivé en 2011, il a essayé de mettre le club sur de bons rails avec le directeur sportif Olivier Pickeu. Ils sont dans les temps, même plus en avance que prévu. Le club est ambitieux et ce ne sont pas que des paroles en l’air. Ils ont par exemple refait le centre d’entraînement. Il y a vraiment des bases solides.

Estimez-vous que le regard des autres équipes a changé sur vous ?

Je ne sais pas s’il a changé… Je pense néanmoins qu’à Montpellier, lors de la première journée, ils nous ont peut-être un peu pris de haut. On avait peu de matchs de Ligue 1 à nous tous. On a ramené trois points… Le fait qu’on gagne à Marseille aussi, ça va montrer aux autres équipes qu’on n’est pas là par hasard. Le plus dur maintenant c’est de confirmer maintenant car si tu gagnes à Marseille et que tu perds les trois autres rencontres après, ça ne sert pas à grand chose.

Malgré votre classement actuel, on ne parle que de maintien ?

Oui, bien sûr et ça serait manqué d’humilité que de parler d’autre chose. Le mot d’ordre c’est d’avoir les 42 points le plus vite possible. On a été programmés pour ça et on ne va pas se prendre pour d’autres et dire qu’on vise la Coupe d’Europe. Moi, je n’ai joué que huit matchs de L1. Je ne vais donc pas penser à autre chose que le maintien. Il ne faut pas se laisser griser par tout ce qu’il se dit autour.

Sur un plan personnel, vous découvrez la L1 à 27 ans. Est-ce une revanche pour vous vis-à-vis de tous ces clubs qui ne vous ont jamais fait confiance ?

Sincèrement, je ne suis pas rancunier ou revanchard. Il y a eu un retard à l’allumage pour moi. J’étais programmé pour que cela se passe comme ça. Mes périodes difficiles m’ont servi pour ma vie de footballeur et ma vie privée. Le tournant, ça a été lorsque je suis passé à l’UNFP avec les chômeurs en 2010. Je me suis dit à ce moment-là que ça pouvait se terminer. Je n’avais aucune offre. Cela m’a permis de comprendre que quand on est footballeur, on doit faire des sacrifices.

Et votre premier but en L1 à Marseille…

C’est plaisant. Si on m’avait dit ça, il y a quelques années… Jouer là-bas c’était bien, mais y marquer…

>> L’émission Totalement foot de la télé d’Angers avec Romain Thomas