Angers: Les cinq raisons du succès du SCO

FOOTBALL Cinquième de Ligue 1 après 8 journées, le promu angevin, qui s'est imposé (1-2) à Marseille ce dimanche, réalise un début de saison étonnant…

David Phelippeau

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La joie des Angevins à Ajaccio en début de saison.
La joie des Angevins à Ajaccio en début de saison. — PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Cinquième au classement général de L1 et troisième meilleure défense de l’élite, le début de saison du promu angevin surprend le monde du foot français. Ce dimanche, les hommes de Stéphane Moulin, qui ont retrouvé l’élite seulement en août dernier, 22 ans après l’avoir quittée, ont créé la sensation en s'imposant à Marseille (1-2). Quelles sont les raisons de cette inattendue entame de championnat du SCO ? 20 Minutes en a sélectionné cinq.

>> Sur la dynamique de la fin de saison

Le SCO d’Angers a fini en trombe la fin de saison dernière (3e de L2 derrière Troyes et la Gazélec Ajaccio) pour s’offrir sa place dans l’élite. Son point fort pour grimper un échelon ? La défense (2e meilleure défense de L2). Le SCO semble à l’heure actuelle sur cette même dynamique défensive. Angers n’a pris que 5 buts en 8 matchs. La présence de Ludovic Butelle, Romain Thomas et Thomas Mangani, déjà là la saison dernière, contribuent à cette stabilité de l’arrière-garde angevine. « Angers est une équipe qui ne donne rien, qui ne se déforme pas et n’attaque pas et cherche avant tout à ne pas prendre de but », expliquait fin août l’entraîneur de Nice Claude Puel, après un nul (1-1) des Aiglons à Jean-Bouin (stade d’Angers). Le coach Stéphane Moulin a renouvelé sa formation cet été (une grosse dizaine de nouveaux joueurs), mais pas ses principes.

>> L’explosion de Cheikh Ndoye

Ce fut le tube du mois d’août pour le SCO. Le milieu de terrain récupérateur sénégalais de 29 ans, transfuge de Créteil (L2) cet été, a inscrit deux buts en cinq matchs (un doublé contre Ajaccio), mais il a surtout impressionné par sa puissance physique et son activité incessante au milieu du terrain. Ses qualités de buteur n’ont pas surpris au SCO car Ndoye avait marqué 32 buts en trois saisons avec le club cristolien !

>> Le nez du patron du recrutement Olivier Pickeu

C’est devenu une bonne habitude. Le SCO révéle des joueurs recrutés par le directeur sportif Olivier Pickeu. Déjà en L2, c’était le cas. Le plus souvent sur la ligne d’attaque. Dans le désordre. Modeste, Keserü, Charbonnier, Alo Efoulou, Kodjia… Cette saison, une grosse dizaine de joueurs ont été recrutés. La plupart viennent de L2 (Ketkéophomphone, Saïss, I. Traoré, Ndoye, Capelle etc). Tous étaient en fin de contrat. Le SCO, avec un des plus petits budgets (entre 23 et 25 millions d’euros), n’a pas déboursé un centime. Pour le moment, les recrues sont au rendez-vous.

>> Une équipe prête d’emblée

Là aussi, c’est une bonne habitude prise par les dirigeants du SCO. La formation, qui a acquis la montée en L1, a été largement modifiée, mais cela n’a pas empêché la direction du club de dessiner l’équipe 2015-2016 rapidement, et donc de boucler le recrutement très vite. « Le soir de l’accession à la L1, on avait des joueurs qu’on avait imaginés si on ne montait pas et d’autres si on montait, expliquait le directeur sportif Olivier Pickeu cet été. Tous des profils capables de répondre rapidement à notre projet. » Résultat : Angers n’a pas lambiné lors de l’entame du championnat avec 8 points pris sur 12 possibles !

>> Une direction stable et sans esbroufe

Le président Saïd Chabane a repris le SCO en 2011. Depuis cette date, il a toujours travaillé avec le même directeur sportif (Olivier Pickeu) et le même coach (Stéphane Moulin. Le triumvirat de têtes pensantes est toujours en place et a résisté aux échecs et des déceptions durant ces années de L2. Chabane, président discret, a construit doucement et sans bruit. Il n’est pas du style à fanfaronner maintenant qu’il est en L1. « Moins on aura les projecteurs sur nous, mieux on se portera », disait-il au journal L’Equipe, samedi dernier. La douceur angevine rime aussi avec la pudeur angevine.

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