Nantes: Très grosse dépense pour moderniser l'usine d'eau potable

ENVIRONNEMENT L'usine de traitement de la Roche, située quartier Malakoff, fait l'objet d'importants travaux jusqu'en 2020...

Frédéric Brenon

— 

Les travaux, qui se déroulent sans interrompre le fonctionnement de l'usine, doivent durer jusqu'en 2020.
Les travaux, qui se déroulent sans interrompre le fonctionnement de l'usine, doivent durer jusqu'en 2020. — Nantes Métropole

Nantes métropole a lancé il y a un an de lourds travaux de modernisation de l’usine d’eau potable de La Roche, située quartier Malakoff. Le chantier, énorme et complexe, ne s’achèvera qu’en 2020. D’un coût de 85 millions d’euros, il constitue l’un des plus gros investissements du mandat. Ce qu’il faut savoir.

A quoi sert l’usine ? Le site de la Roche produit 38 millions de m3 d’eau potable par an. C’est ici qu’est traitée l’eau brute puisée dans la Loire depuis la station de pompage de Mauves, avant d’être distribuée vers les habitations ou de transiter par un château d’eau. L’usine couvre à elle seule 85 % de la consommation de l’agglomération nantaise et 45 % du département de Loire-Atlantique.

Pourquoi des travaux ? Déjà parce que l’usine de la Roche, construite en 1898, date en majeure partie du début des années 1970. Ses équipements ont besoin d’être modernisés, malgré la maintenance régulière. A ceci s’ajoute la volonté de Nantes métropole d’augmenter de 50 % la capacité de production du site (200.000 m3 par jour) afin de faire face à la croissance démographique. Voilà pourquoi des nouveaux bâtiments, bassins de stockage et outils de pompage sont créés.

Peut-on être sûr de la qualité de l’eau ? « L’eau est hyper contrôlée et garantie pour sa qualité. Elle doit respecter des normes de plus en plus exigeantes et tenir compte du principe de précaution. De plus, tous les résultats de mesures sont publiés », affirme Denis Guilbert, directeur du cycle de l’eau à Nantes métropole. Entre son pompage et sa sortie au robinet, l’eau subit ainsi une purification à l’ozone, au charbon actif, aux UV et au chlore.

Pourquoi le site est-il ultra-sécurisé ? Ce n'est pas une centrale nucléaire, mais presque. L’usine fait l’objet d’une surveillance extrêmement poussée tant au niveau du personnel afin de prévenir tout risque d’intrusion et de malveillance, qu’au niveau du fonctionnement. Ainsi, tous les équipements sont doublés voire triplés pour parer à un éventuel incident. « On ne peut pas se permettre d’avoir la moindre coupure d’eau », justifie Denis Guilbert.

Combien coûte l'eau potable nantaise? Depuis 2008, la tarification de l’eau potable est la même pour les 24 communes de la métropole nantaise : 3,35 €/m3. C’est un peu moins cher que le prix moyen national estimé à 4,20 €/m3. Mais ce prix unique pourrait ne pas durer car Nantes métropole s'est portée volontaire pour expérimenter une tarification sociale de l'eau pour les foyers aux revenus les plus modestes. La mesure sera soumise au vote des élus en décembre.