Défaite en appel des marins du « Winner »

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Le verdict est tombé vendredi. La cour d'assises spéciale de Loire-Atlantique a condamné à douze, dix-sept et vingt ans de réclusion criminelle les trois marins du Winner qui avaient fait appel. En première instance, en mai 2005 à Rennes, ils avaient respectivement écopé de dix, dix-huit et vingt ans de prison. Leur cargo, qui battait pavillon cambodgien, avait été intercepté en juin 2002 au large des Canaries par la Marine nationale. Une caisse contenant 80 kg de cocaïne avait été repêchée dans son sillage, mais le Winner en transportait en réalité « deux tonnes », affirment les gendarmes. La drogue aurait été jetée à la mer juste avant l'arraisonnement, grâce à un « dispositif de largage astucieux ».

« Je suis très déçu », a réagi à l'issue du procès Franck Boezec, avocat du capitaine grec du Winner, qui écope de la peine la plus lourde. « Nous allons bien évidemment nous pourvoir en cassation : il y a eu des difficultés procédurales majeures dans ce dossier. Pendant l'instruction, par exemple, les traductions étaient faites par des policiers. » « Il s'agissait de simples exécutants », a déploré Yvan Trebern, défenseur du chef mécanicien chypriote (dix-sept ans de réclusion criminelle). Quant à l'aggravation de la peine du matelot chilien (douze ans contre dix en première instance), elle est « incompréhensible » pour son avocate.