Loire-Atlantique: Les bacs sont gratuits depuis dix ans, mais pour quel bilan?

TRANSPORTS Les deux lignes de bacs fêtaient ce week-end le dixième anniversaire de la gratuité...

Frédéric Brenon

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Les deux liaisons, ici à Indret, transportent près de 190.000 passagers par mois.
Les deux liaisons, ici à Indret, transportent près de 190.000 passagers par mois. — F.Brenon/20Minutes

On aurait tendance à l’oublier mais, jusqu’en 2005, traverser la Loire par les bacs était payant (de 2,9 euros à 1 euro). Dix ans après, la gratuité est fêtée ce week-end sur les deux lignes Indre-Indret et Couëron-Le Pellerin. Mais quel bilan peut-on dresser de cette mesure décidée par la nouvelle majorité socialiste du conseil général après des demandes maintes fois répétées des usagers ?

Le trafic a plus que doublé

Du point de vue de la fréquentation, le succès est indéniable. Le nombre de véhicules transportés a plus que doublé pour atteindre 1,2 millions par an. Même tendance pour les passagers (2,3 millions l’an passé). « C’était une évidence que le trafic allait progresser. Mais à ce rythme-là on ne pouvait pas s’en douter, estime Jean Charrier, vice-président du département délégué aux mobilités (PS). Ça en valait la peine. Les bacs de Loire sont devenus une alternative crédible au périphérique. S’il n’y avait pas ce service, le pont de Cheviré serait nettement plus encombré encore. »

Pour le travail ou la balade du dimanche

La gratuité a aussi développé l’attractivité des territoires situés de part et d’autre du fleuve. « Si en semaine on observe surtout des trajets domicile-travail, le week-end de nombreux utilisateurs sont des promeneurs qui prennent le bac pour faire une balade », indique l'élu du département. 

« La gratuité est un atout économique pour nos commerçants et touristique pour notre commune, confirme Serge David, maire d’Indre (DvG). Il n’y a qu’à voir le nombre de gens du sud qui vont au marché de Basse-Indre le dimanche par le bac. Il y a aussi beaucoup de marcheurs qui viennent sur les quais. » « Globalement, ça participe à l’équilibre entre le Sud-Loire et le Nord-Loire », ajoute Jean Charrier.

De lourdes dépenses pour le département

Reste que cette gratuité a un coût pour le conseil départemental, gestionnaire des bacs : environ 4,5 millions d’euros par an. Il a fallu également investir pour améliorer la fluidité aux embarcadères et, surtout, mettre en service deux bateaux neufs de plus grande capacité (16 millions la paire). Autant de dépenses non négligeables pour une collectivité qui subit par ailleurs de grosses contraintes budgétaires. «Ce sont des sommes importantes, c'est vrai, mais on fera tout pour que les bacs de Loire restent un service gratuit», promet Jean Charrier.

Besoin d'améliorations

Pour les communes traversées, les flux de voitures posent aussi des problèmes de nuisances et de sécurité aux heures de pointe, « il faut bien le reconnaître », relève le maire d’Indre.

Quant aux usagers, ravis par l’arrivée des nouveaux navires il y a deux ans, ils réclament tout de même quelques améliorations. En particulier une «meilleure coordination avec les horaires de bus» et «l’installation, en amont des embarcadères, de panneaux avertissant lorsque le service est interrompu» comme ça arrive parfois lors de grandes marées ou de fort brouillard.