Nantes: Il y a 72 ans, le centre-ville bombardé et défiguré

HISTOIRE Nantes commémore ce mercredi les terribles bombardements des 16 et 23 septembre 1943 qui avaient tué 1.463 personnes...

Frédéric Brenon

— 

La partie est de la place Royale, ainsi que l'église Saint-Nicolas, avaient été détruites puis reconstruites.
La partie est de la place Royale, ainsi que l'église Saint-Nicolas, avaient été détruites puis reconstruites. — Frederic Brenon / 20 Minutes

C’était il y a 72 ans jour pour jour. Le 16 septembre 1943, en plein après-midi, l’aviation américaine décide de frapper les infrastructures portuaires et l’aérodrome de Nantes, alors occupée par les Allemands. Mais le déluge de bombes ne s’abat pas à l’endroit voulu et ravage le centre-ville. Même erreur de visée et même conséquence le 23 septembre suivant. Au total, des centaines d’explosifs tombèrent sur la cité des Ducs, faisant 1.463 morts et 2.500 blessés.

Une cérémonie d’hommage se déroule ce mercredi matin à l’hôtel de ville et au cimetière de la Chauvinière, où reposent de nombreuses victimes.

Des dégâts matériels colossaux

Outre le bilan humain, les dégâts matériels furent colossaux : 700 immeubles totalement détruits, 1.300 sinistrés, 2.000 à réparer. Les quartiers Decré, Calvaire, Bretagne, Gloriette, quai de la Fosse, Sainte-Anne et Chantenay furent les plus touchés. Mais la rue de Gigant, la place Royale, la place du Commerce, le champ de Mars, Doulon ou la gare de l’Etat payèrent également un lourd tribut.

De nombreuses familles ont ensuite trouvé refuge à la campagne, tandis que des milliers d’autres étaient relogées dans des baraquements en bois ou en tôle.

Reconstruction à grand renfort de béton

La reconstruction de la ville, officiellement lancée en 1948 sous la houlette de l’architecte Michel Roux-Spitz, dura près de 15 ans. Certains lieux emblématiques ont été rebâtis presque à l’identique, comme la moitié Est de la place Royale, l’église Saint-Nicolas, le palais de la Bourse (actuelle Fnac) ou le cours Cambronne.

D’autres ont été reconstruits selon les standards architecturaux et avec les moyens de l’époque, à grand renfort de béton, comme la rue de la Marne, l’Hôtel-Dieu, le Temple protestant ou certaines parties des quais de Loire. L’esthétisme architectural du centre-ville ne sera plus jamais le même.