FC Nantes: Les 5 questions qui se posent après le derby perdu

FOOTBALL Les hommes de Der Zakarian sont en difficulté suite à la défaite (0-2) contre Rennes, dimanche, à la Beaujoire...

David Phelippeau
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L'attaquant Yacine Bammou.
L'attaquant Yacine Bammou. — J.S Evrard / AFP

Les sourires n’étaient pas naturels, ce lundi matin, pour les photos officielles. Dimanche, à la Beaujoire, le FC Nantes s’est incliné (0-2) contre le voisin rennais. « Quand tu perds un match, c’est difficile, mais quand tu perds un derby, c’est encore plus difficile », a expliqué, laconique, l’entraîneur Michel Der Zakarian. Au-delà du résultat, c’est la manière qui inquiète. Ce revers cinglant contre le rival a charrié son lot de « bizarreries » ou de questions. 

>> Pourquoi le coach Michel Der Zakarian insiste-t-il avec un système tactique qui semble ne pas fonctionner ?

Dimanche, les Canaris ont joué pour la 11e fois d’affilée en 4-4-2 avec un milieu en losange, c’est-à-dire une sentinelle devant la défense, deux milieux de terrain qui évoluent plus à l’intérieur du jeu et une pointe haute en soutien de deux attaquants. Dans ce système, Nantes a marqué seulement six buts. Dimanche, ce dispositif, qui avait toutefois bien marché en préparation d’avant-saison, a encore touché ses limites. Sala et Sigthorsson, qui sont des joueurs de surface aimant par-dessus tout couper les centres, n’ont jamais été servis. A l’issue du match, Der Zakarian a évoqué la possibilité de changer de système dans les matchs à venir. Problème: le recrutement semble avoir été fait en fonction de ce dispositif tactique. Le club a privilégié des joueurs techniques et à l’aise dans la tenue du ballon (Adryan, Thomasson) au détriment d’éléments rapides. Bazile (Caen), Bauthéac (Lille) ou Sarr (Marseille), joueurs de couloir, ont bien été pistés, mais pour diverses raisons, ne sont pas venus à Nantes. Bessat, Nkoudou ou Gakpé sont partis. Iloki, très bon cet été en préparation, a disparu. Si Der Zakarian revient à un 4-4-2 classique, il sera confronté à une pénurie de joueurs rapides de couloir… 

>> Pourquoi Audel n’a pas débuté le match ?

Cette interrogation entraîne une cascade de questions, liées à l'interrogation précédente. Il y a 15 jours à Bordeaux, le Martiniquais était l’un des rares à Nantais à avoir surnagé. Depuis le début de la saison, il est à l’origine des deux seuls buts des Canaris (Sorbon contre son camp et Lenjani). Audel possède par ailleurs des caractéristiques que peu de joueurs ont dans l’effectif. Il va plutôt vite, prend la profondeur et peut déborder. Une question sous-jacente se pose : pourquoi avoir aligné Sala et Sigthorsson devant ? Deux profils d’attaquants similaires, dont la complémentarité ne saute pas aux yeux.

>> Pourquoi insister avec le Brésilien Adryan ?

Il commence à faire l’unanimité contre lui. Le Brésilien n'a que 21 ans. Il faut sans doute être patient et indulgent avec lui. En attendant, Adryan, dans un rôle de meneur de jeu, n'apporte rien, ou pas grand chose. Il demande sans cesse le ballon, mais ne sait qu'en faire. La semaine dernière, Yacine Bammou avait fait la mise en place tactique au poste d'Adryan. Surprise au coup d'envoi, c'est pourtant bien le Brésilien qui était titulaire... 

>> Pourquoi Dupé était capitaine ?

En l'absence de Riou (blessé), qui allait devenir capitaine? Beaucoup pensaient que Deaux, un des derniers «historiques» du vestiaire, porterait le brassard. C'est pourtant Maxime Dupé, le jeune portier remplaçant, qui a pris le bout de tissu. «C'est mon choix, a dit Der Zakarian. Pour moi, c'était une évidence...» On ne peut s'empêcher de penser que Deaux, en affirmant sur Télénantes jeudi qu'il souhaitait partir au mercato, a été sanctionné. 

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>> Pourquoi le derby ne s'est joué que devant à peine 28.000 personnes?

27.262 spectateurs pour le derby un dimanche à 17 h. Les deux derniers derbys à la Beaujoire s'étaient joués à 14 h à dimanche devant 34.169 supporters il y a deux saisons, puis 31.893 la saison dernière. 

Les tarifs sont en partie responsables de cette érosion. Pour FCN-Rennes, il fallait minimum débourser 20 euros en populaire, et jusqu'à 60 euros en latérales. «Le prix des places flambe et le spectacle n'est pas là!», pestait un supporter, ce lundi midi, à la Jonelière.