FC Nantes: Cana? «Guerrier + expérience + ouvreur de gueule !»

FOOTBALL Le nouveau défenseur central du FC Nantes Lorik Cana, qui est arrivé à la Jonelière, mardi soir, suscite déjà beaucoup d'enthousiasme à Nantes...

David Phelippeau

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Le nouveau défenseur central du FCN Lorik Cana.
Le nouveau défenseur central du FCN Lorik Cana. — Donato Fasano/AP/SIPA

Vincent Labrune, le président marseillais, aura tout essayé jusqu’à la fin du mercato pour enrôler Lorik Cana. En vain. Le capitaine de l’Albanie (32 ans) avait donné sa parole au président Kita. Les deux hommes se connaissent bien. Alors que l’homme d’affaires franco-polonais présidait le club suisse de Lausanne, Cana, l’adolescent, se faisait déjà remarquer pour son investissement sans faille sur le terrain [1995-2000]. Bruno Baronchelli, coach adjoint actuel de Der Zakarian, l’a vu arriver en équipe pro du PSG en 2003. Cana était à peine majeur. « C’était quelqu’un de mature, très pro déjà, explique celui qui était adjoint de Vahid Halilhodzic. Il savait ce qu’il voulait tout le temps. Il était dans le travail et pas autre chose. »

Un joueur souvent adoré par les coachs

Partout, où il passe [Paris, Marseille, Sunderland, Galatasaray et Lazio], Cana laisse la même belle image. « C’est un joueur tellement généreux, raconte Christian Larièpe, ex-directeur sportif du FCN et très proche du joueur. Il ne fait jamais dans la demi-mesure sur un terrain. » Larièpe se souvient déjà du gamin à Lausanne : « Parfois, il jouait deux matchs par week-end, tous les entraîneurs des équipes jeunes le voulaient. Il avait fallu que je me fâche… » « A la Lazio, ce n’était pas un titulaire absolu, juste une première roue de secours, un peu inattentif parfois en défense centrale, mais n’importe quel entraîneur serait content d’avoir un joueur comme ça, corrobore Emmanuel Barranguet, journaliste à l’AFP, qui était basé à Rome. C’est un joueur fiable. Et il a plus de personnalité et de fond que son image ne le laisse paraître. »

Une vraie personnalité, influente dans un vestiaire

Cana, marié à une Italienne et bientôt père de famille, parle au moins cinq langues. Il est très investi pour son pays et la sélection, dont il est le capitaine. « C’est la star là-bas, confie Edvin Murati, son agent. Quand tu dis Albanie, c’est Lorik. » Alors qu’à Marseille [2005-2009], il a marqué les esprits - « c’était le chouchou du Vélodrome », selon Larièpe -, Cana aura moins séduit à la Lazio. Une centaine de matchs en quatre saisons. Une bonne vingtaine de cartons jaunes à la clé. Mais, un sens du sacrifice toujours au plus haut pour ce joueur reconverti défenseur central. « Ils l’appelaient "le guerrier" là-bas, se souvient Philippe Genin, journaliste à beINSports, spécialiste du Calcio. C’est un sanguin. Ça manquait peut-être à Nantes des joueurs comme ça ces dernières années. Il n’a peut-être pas marqué les esprits comme un Nesta, mais tout le monde le connaît Cana. Sur le terrain, il fait le boulot. Sur le banc, il ne pleurniche pas. »

Le plus gros salaire au FCN

Petit bémol, on lui prête un souci à un genou récurrent ? Edvin Murati, son conseiller, un peu agacé, invite seulement à regarder ses statistiques depuis dix ans. Larièpe répond : « Il le gère. Il connaît parfaitement son corps. Il a une petite faiblesse qu’il soigne remarquablement. » Dans le groupe jeune du FCN, Larièpe l’imagine déjà « comme le relai » privilégié de Der Zakarian. « Il sera très important pour tous les jeunes, même les remplaçants », pour Genin. Plus gros salaire du FC Nantes, y a-t-il un risque qu’il prenne une place démesurée dans le vestiaire ? « Il n’a aucun ego mal placé, poursuit Larièpe. C’est un mec juste, honnête. » « Un mec franc du collier, de caractère, selon Genin. Avec Der Zakarian, ça peut vraiment coller. » Barranguet résume : « Un guerrier + expérience + ouvreur de gueule ! »