HBC Nantes: «Je ne redoute pas la réussite des autres clubs nantais, si nous-mêmes on réussit», explique Gaël Pelletier

INTERVIEW Entretien avec le président du HBC Nantes qui lance, ce vendredi, sa 7e saison d'affilée dans l'élite avec le trophée des champions...

David Phelippeau

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Le président du HBC Nantes Gaël Pelletier.
Le président du HBC Nantes Gaël Pelletier. — F. Elsner / 20minutes

Ce vendredi, à 20 h 45, le HBC Nantes affrontera le PSG en demi-finale du trophée des Champions. Un événement qui marque le début de la saison de LNH et le lancement de la 7e saison d’affilée des Nantais dans l’élite. Le président Gaël Pelletier attend encore beaucoup de cette saison qui se jouera [pour les matchs à domicile] à la nouvelle salle de Trocardière. Pendant une vingtaine de minutes, il a répondu à toutes nos questions, mais n’a pas souhaité s’exprimer sur certains sujets plus polémiques [son conflit avec certains dirigeants d’autres clubs nantais et la mise à l’écart de son conseiller sportif la saison dernière]. « Je suis comme une mère chatte, quand on s’approche trop près de mes petits, je griffe, rigole-t-il. En attendant, je ne suis pas aussi méchant que les gens veulent bien dire… » Entretien.

Qu’attendez-vous de cette épreuve qui a lieu à Nantes ce week-end ?

Il va falloir être prêt sportivement et en tant qu’organisateur. Il y aura une image importante mise en avant. Il y a un vrai objectif sportif, même si on sait qu’on tombe sur le gros PSG qui est mieux rodé que nous et plus épargné que nous par les bobos.

De manière plus générale, quels sont les objectifs du HBCN cette saison ?

Le seul fait de vouloir faire mieux que l’année d’avant est très ambitieux. On veut continuer à exister sur la scène européenne d’autant qu’on sait qu’avec le PSG [de Karabatic arrivé cet été], il est peut-être plus facile de gagner quelque chose sur la scène européenne que sur la scène nationale. En France, l’avenir pour gagner des titres semble un peu bouché. On veut se rapprocher de la Ligue des champions car à terme c’est qu’on veut faire goûter à notre public.

La LNH semble plus homogène encore que les saisons précédentes ?

On va jouer contre des adversaires qui eux-mêmes se sont renforcés et ont des ambitions. Neuf clubs sur quatorze ont annoncé comme objectif l’Europe. Les combats vont être très durs. Il y a un vrai resserrement de l’élite. Hormis le PSG qui parait intouchable, il y aura beaucoup d’incertitudes dans les résultats.

Le PSG avec sa kyrielle de stars [les frères Karabatic, Hansen, Barachet, Narcisse etc..] est vraiment intouchable ?

On ne comprendrait pas qu’il en soit autrement quand vous disposez d’un budget de 10 millions d’euros supérieurs à tous les autres clubs.

Cet été, vous avez perdu Maqueda, un top joueur, qui est parti libre. Pourquoi ne pas avoir essayé de le prolonger et de toucher de l’argent ?

Ce n’est pas l’économie du hand. Très rares sont les clubs qui achètent des joueurs, même si ça commence à se voir un petit peu. Hormis pour Karabatic, quand il y a des indemnités, ça reste anecdotique.

Pourquoi avoir prolongé une année Entrerrios [39 ans bientôt] ?

La qualité de sa deuxième partie de saison a fait qu’on s’est dit qu’il fallait le garder. Certes, il a été blessé en début de saison mais c’est joueur de tout premier plan quand il est opérationnel. Il faudra travailler différemment ensemble de manière à le protéger d’une surchage de compétition.

Où se situe le budget du HBCN ?

Il sera de 4, 3 millions d’euros. Une légère évolution de 300 000 euros est possible grâce à l’optimisation de la salle de la Trocardière, de la billetterie et bien sûr l’engouement de nos partenaires privés. On sait qu’il faudra passer à un braquet supérieur pour pouvoir viser la Ligue des champions. Pour y figurer avec des vraies armes, il faut compter 6 millions d’euros. On s’en approche. Il ne faut pas oublier qu’en 7 ans dans l’élite, notre budget a progressé de 3 millions d’euros.

Craignez-vous la montée en puissance du club de basket de l’Hermine de Nantes (Pro B), qui semble très bien se structurer et qui pourrait vous faire de l’ombre en cas d’accession à la Pro A ?

Ma problématique n’est pas de m’occuper des autres. Moi, ma question est de savoir si mon club progresse. Je ne redoute pas la réussite des autres, si nous-mêmes on réussit.

Cela pourrait devenir une grosse concurrence en matière de partenaires ?

Oui, sur ce sujet, il y a une concurrence. Ça serait utopique de ne pas l’admettre, mais elle a toujours existé sur le territoire. Des dirigeants ambitieux qui arrivent et qui découvrent un monde sportif puis qui disent "on va faire ci, on va faire ça", c’est très bien. Maintenant, entre la volonté et la réussite, ce n’est pas aussi simple que le seul fait de faire une annonce. Mais, je ne leur souhaite que du bonheur à tous ces gens qui s’investissent dans le monde du sport.