Première apparition publique pour le meurtrier de Sophie Gravaud

NANTES Ramiz Iseni, a été jugé vendredi après-midi par le tribunal...

A Saint-Nazaire, Guillaume Frouin

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C'est la première fois qu'il apparaissait en public. Le meurtrier présumé de Sophie Gravaud, Ramiz Iseni, a été jugé vendredi après-midi par le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), pour un délit mineur antérieur à la mort de la jeune femme. Celle-ci avait été retrouvée morte dans un fossé, le 13 avril, près de Nantes.

Visage émacié, mangé par une barbe poivre et sel, le père de famille bosniaque de 46 ans est apparu fatigué et paumé. Il lui était reproché d'avoir volé, un soir de janvier, des plaques en inox et en alu dans une station d'épuration à la Chapelle-Launay. Il les aurait ensuite "revendues à quatre ou cinq ferrailleurs", selon le procès-verbal des gendarmes.

Selon l'accusation, Ramiz Iseni revenait ce soir-là "du casino de Pornichet". Présenté depuis la mort de Sophie Gravaud comme "un joueur de casino", Ramiz Iseni est soupçonné d'avoir agressé la jeune femme pour un mobile financier.

Gilet pare-balles mal fagoté et menottes aux poignets, l'homme ne s'est quasiment pas défendu. Sans avocat, parlant très mal français, il a accepté son broncher la peine de trois mois de prison avec sursis prononcée par le tribunal. Un sursis justifié "en l'absence d'antécédents sérieux à son casier", explique le juge unique.

"Les faits sont reconnus", avait assuré dans son réquisitoire la procureure de la République.

Au final, le procès a duré moins de dix minutes. "C'est tout?", demande d'ailleurs le prévenu au juge au moment d'être raccompagné à la maison d'arrêt de Rennes (Ille-et-Vilaine). "Ah eh bien merci. Au revoir monsieur."