Départ de François de Rugy: Regrets, agacement, mais pas de surprise chez les Verts de Loire-Atlantique

POLITIQUE Le député de Loire-Atlantique quitte le parti Europe écologie Les Verts dont il ne partage plus l'évolution. Ses collègues élus réagissent...

Frédéric Brenon

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Le coprésident du groupe écologiste à l'ssemblée nationale annonce qu'il quitte EELV. AFP PHOTO / THOMAS SAMSON
Le coprésident du groupe écologiste à l'ssemblée nationale annonce qu'il quitte EELV. AFP PHOTO / THOMAS SAMSON — AFP

Le député de Loire-Atlantique François de Rugy a annoncé ce jeudi matin qu’il quittait Europe écologie Les Verts, un parti dont il était l’une des figures mais qui, selon lui, « s’enfonce dans une dérive gauchiste ». Les réactions sont nombreuses chez les élus Verts de Loire-Atlantique.

« Il s’est souvent mis en marge », reconnaît Jean-Philippe Magnen

« Ce départ n’est pas très étonnant vu les positions prises par François de Rugy depuis deux ans, il s’est souvent mis en marge, réagit Jean-Philippe Magnen, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire. C’est toujours triste quand un militant historique quitte le navire, d'autant plus qu’on a fait un bout de route ensemble. Après, je ne vois pas d’issue dans la voix d’accompagnement au PS que propose François de Rugy et qu’il appelle réformiste, pas plus que je n’en vois dans le rapprochement avec le Front de gauche défendu par Cécile Duflot. Tout ça me paraît assez stérile. Notre parti est devenu trop politicien. Le plus important, c’est le projet écolo alors qu’il y a devant nous des enjeux extrêmement importants comme la Cop 21. »

« Un peu navrant », réagit Pascale Chiron

« Je ne suis pas franchement surprise, commente Pascale Chiron, adjointe au maire de Nantes. Dans tous les partis, c’est la bérézina. Et, une fois encore, il y a un décalage entre le politique et les citoyens. Le départ de François de Rugy, c’est un peu navrant, mais ça ne va pas leur changer la vie. C’est un buzz médiatique avec la sortie d’un bouquin, juste avant la rentrée. C’est sa stratégie personnelle. »

« Il force un peu le trait », regrette Ronan Dantec

« Que la question de son départ se posait, c’était un secret de polichinelle. Mais j’avais le sentiment que ça ne se ferait pas si vite, confie le sénateur Ronan Dantec. L’idée d’aborder les élections régionales avec une certaine union me paraissait tenir… En tout cas, je ne me réjouis pas du tout. Cette décision contribue à la fragilisation de l’écologie politique. » Sur le fond, le sénateur estime que « le mouvement n’est pas aussi gauchiste que le dit François » de Rugy. « Il force un peu le trait. Bien sûr, il y a un affaiblissement de la dynamique d’EELV. Mais il y a des gens très divers dans notre mouvement et il ne faudrait pas grand-chose pour que ça reparte. Que François soit lassé d’incarner l’aile droite du parti, je le comprends, mais quand il dit être prêt à revenir dans le cadre d’une primaire à gauche pour la présidentielle, je reste assez dubitatif. La suite n’est pas écrite. »

« On perd un député de grande valeur », juge Cécile Bir

« Je soutiens son départ car je sais que, pour lui, ça devenait difficile de rester. Mais je le regrette pour Europe écologie. On perd un député de grande valeur, qui faisait partie des fondements du mouvement », réagit Cécile Bir, adjointe au maire de Nantes et attachée parlementaire de François de Rugy. « La fracture au sein d’EELV s’agrandit alors que nous avons besoin de clarté et d’union, poursuit-elle. On pourrait le payer aux élections régionales. Je pense que le départ de François de Rugy, dont je partage l’analyse qu’un parti est fait pour gouverner, va en déclencher d’autres. Beaucoup de militants et élus se posent la question de leur avenir au sein d’EELV. »

« Ça va clarifier les choses », estime Geneviève Lebouteux

« Il est assez dommage qu’on ne puisse pas rester rassemblés en ayant des avis différents, commente Geneviève Lebouteux, conseillère régionale. Je ne partage pas son analyse de la dérive à gauche du parti. Cette évolution est réaliste, il faut que la société bouge, que les choses changent en profondeur. Pour certains électeurs, ce départ est sûrement un mauvais message mais pour d’autres, ça va clarifier les choses. »