FC Nantes: «Beaucoup de gens vont me manquer...», reconnaît, ému, Olivier Veigneau

INTERVIEW Après quatre ans à Nantes, le défenseur et ancien capitaine a signé en Turquie…

David Phelippeau
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Le défenseur Olivier Veigneau.
Le défenseur Olivier Veigneau. — LANCELOT FREDERIC/ SIPA/SIPA

Professionnel jusqu’au bout. Il aura été homme clé de la montée du FC Nantes en 2013, cadre apprécié du vestiaire, capitaine, titulaire, remplaçant, disponible à souhait pour les médias, aimé des supporters. Olivier Veigneau, qui s’est engagé pour deux années (plus une en option) avec le club turc de Kasimpasa, va tourner la page nantaise après y avoir passé quatre saisons pleines. Mardi après-midi, il a bien fait les choses. Comme souvent. De Turquie, il a répondu au téléphone à quatre médias locaux, tous réunis dans un studio à France Bleu Loire Océan. A la simple évocation de ses souvenirs au FCN, il lâchera lors de l’entretien : « Vous allez me faire chialer… » Preuve que pour lui, la page nantaise sera difficile à tourner.

Pourquoi avoir quitté Nantes ?

J’étais bien. De l’extérieur, ça peut paraître surprenant. Par rapport à ma situation sportive, les matchs de préparation ont montré ce qui allait se passer cette saison pour moi. Je n’étais pas parti pour être titulaire. Wilfried Moimbé a joué les matchs amicaux à mon poste. Si j’ai débuté les deux premiers matchs de championnat, c’est parce qu’il était blessé. Contractuellement, il me restait une seule année à Nantes. C’était risqué de rester un an sans jouer et de se retrouver en fin de contrat à 31 ans.

Rejoindre le club turc de Kasimpasa est une décision surprenante ?

C’est vrai. C’est un club pas très connu, c’est pour ça que j’ai demandé à venir voir sur place. J’ai tout de suite compris en arrivant ici les ambitions de ce club. Quand on regarde les installations du centre d’entraînement, c’est exceptionnel. Ici, c’est plus moderne que la Jonelière. Tout est plus grand, plus neuf. Il y a un restaurant, un hôtel, deux ou trois piscines, une salle de musculation importante. Je n’avais jamais vu ça. C’est en plus un club basé à Istanbul donc qui n’est pas perdu. Kasimpasa veut se faire une place en haut du championnat turc.

C’est une décision dure à prendre sur le plan familial ?

Oui, c’est assez difficile. Pour ne rien vous cacher, à Nantes, ma femme et mes enfants se sentaient très bien. Ils vont me suivre là-bas.

Peut-on aussi parler de choix financier ?

Oui, financièrement, c’est une offre difficile à refuser pour un joueur de mon âge, mais sportivement, c’est aussi intéressant.

Avec les départs de Bessat, Gakpé, Cissokho et vous. N’avez-vous pas le sentiment qu’une grosse page de l’histoire du FCN contemporain se tourne ?

Il y a un gros renouvellement d’effectif. D’autres arrivent et vont pouvoir aider le club à aller plus haut. On a fait notre boulot. Quand on est arrivés, on avait pour objectif de monter et stabiliser le club, on a le sentiment d’avoir accompli notre travail.

Vous revenez à Nantes le week-end prochain [il sera au match contre Reims]…

Oui, et j’aurai vraiment plaisir à retrouver tout le monde samedi, à leur dire « au revoir » ou « à bientôt » car ce ne seront peut-être pas des adieux… Beaucoup de personnes ici vont me manquer mais c’est comme ça.

Les supporters, on imagine…

Forcément les supporters. C’était assez bizarre à Angers, samedi, de sortir comme ça sur blessure, de les saluer rapidement à la fin. Ce n’était pas la meilleure des fins pour moi. J’ai pris beaucoup de plaisir dans ce stade à les entendre chanter. C’est l’essence du club. Les supporters doivent continuer à encourager, à chanter et les joueurs à respecter tous ces gens qui nous ont aidés à accomplir nos objectifs.

Si vous deviez garder une image de vos quatre ans à Nantes ?

Le soir de la montée en L1 [le 17 mai 2013]. Les supporters ont envahi la pelouse. C’était magique, inoubliable. Je me souviens être allé voir ma femme et mon fils ainsi que mon père qui étaient en tribune, j’ai fondu en larmes dans leurs bras. C’était un grand moment.