Notre-Dame-des-Landes: Après une décision de justice défavorable, les anti-aéroport dénoncent «un mensonge d'Etat»

PROJET D'AEROPORT Même s'ils s'y attendaient un peu, les opposants à l'aéroport ne cachent pas leur amertume après la décision du tribunal administratif rejetant les recours environnementaux...  

Frédéric Brenon

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Le 24 mars 2012, manifestation contre la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes.
Le 24 mars 2012, manifestation contre la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes. — Fabrice Elsner/20 Minutes

La désillusion. Alors qu'ils fondaient beaucoup d'espoirs sur les recours environnementaux déposés contre l'autorisation préfectorale de démarrer les travaux de construction, les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes viennent d'apprendre qu'ils étaient déboutés par le tribunal administratif de Nantes. Pas une franche surprise à vrai dire dans la mesure où le rapporteur public avait préconisé le rejet des requêtes à l'issue de l'audience le 18 juin dernier.

«Des raisons de mettre en doute l'indépendance de la justice»

«Même s'il y avait des raisons d'y croire, je m'y attendais, réagit, amère, François Verchère, coprésidente du collectif des élus opposés au projet (CeDpa). Nous sommes devant un projet d'Etat et nous avons aujourd'hui la preuve que nous assistons à la fabrication d'un mensonge d'Etat. Nous avons démonté les arguments un à un, en particulier sur le volet environnemental, mais rien n'y fait. Quand on se souvient que dès la fin 2014 Manuel Valls avait annoncé qu'il attendait le jugement pour démarrer les travaux, oui, il y a des raisons de mettre en doute l'indépendance de la justice. Je pense que notre pays n'est pas une démocratie assumée. Le combat contre cet aéroport n'est pas perdu. Mais il est peut-être perdu par les voies démocratiques.»

Contradictoire avec la décision concernant Roybon

«Cette décision est un peu contradictoire alors qu'un autre tribunal administratif a rendu ce jeudi un jugement donnant tort au projet Centers parcs de Roybon qui est un sujet identique à celui de Notre-Dame-des-Landes sur le plan environnemental, s'étonne François de Rugy, coprésident du groupe EELV à l'Assemblée nationale. Cette concordance de calendrier est frappante. Les procédures en appel permettront probablement d'harmoniser la jurisprudence. Il ne faut pas s'alarmer outre mesure. Le projet d'aéroport est une longue marche, un long feuilleton. Il y aura d'autres étapes.»

«On prend acte de la décision qui, malheureusement, ne nous surprend pas, lâche Julien Durand, co-porte-parole de l'Acipa, principale association opposée au projet.  Mais quand on voit ce qui s'est passé pour Roybon, c'est difficile à digérer. On fondait beaucoup d'espoirs sur les dommages causés à la loi sur l'eau et aux espèces protégées. C'est plus une mauvaise nouvelle pour l'environnement que pour Notre-Dame-des-Landes car on fera probablement appel. On va étudier ça. Il reste les recours européens aussi. C'est loin d'être terminé.»