Nantes: Les tops et les flops du Voyage à Nantes 2015

CULTURE On a classé les nouvelles œuvres du Voyage à Nantes en fonction des commentaires recueillis sur place auprès du public...  

Frédéric Brenon

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Skate ô drome, école d'architecture Lancer le diaporama
Skate ô drome, école d'architecture — F.Brenon/20Minutes

Des milliers de visiteurs découvrent depuis ce week-end les nouveautés du Voyage à Nantes 2015. Certaines œuvres ou expositions figurant au programme de ce parcours culturel estival semblent déjà déclencher l’enthousiasme, d’autres nettement moins.

Elles sont jugées au top. Comme l’année dernière, les playgrounds imaginés par le Voyage à Nantes séduisent. C’est particulièrement le cas du « Skate ô drome » installé sur le toit de l’école d'architecture. Les skaters y voient « un terrain de jeu magnifique, très bien pensé pour la glisse », les simples observateurs apprécient cette « superbe réalisation en bois » avec un « panorama exceptionnel ». L’étrange terrain de « Feydball » et son miroir en anamorphose, situés près du Carré Feydeau, connaissent aussi un grand succès, tant du point de vue du public que des joueurs, souvent nombreux même en pleine chaleur. Moins attendu, l’œuvre lumineuse « Spectacula » jouant avec les sièges du théâtre Graslin est plébiscitée par ceux qui s’y essaient. « C’est étonnant et très relaxant, explique Virginie. Et puis c’est l'occasion unique de monter sur scène. »

Spectacula, théâtre Graslin - F.Brenon/20Minutes

Au Lieu Unique, c’est l’exposition Ultima, consacrée à l’histoire du jeu vidéo, qui suscite les louanges pour son dynamisme et la possibilité de prendre les manettes. « J’ai pu rejouer à Mortal Kombat, ça me rappelle les années collège », se réjouit Ludovic. Autres œuvres très appréciées : les automates de la rue Joffre et, bien sûr, les créations de Claude Ponti au Jardin des Plantes.

Elles plaisent, mais ne font pas l’unanimité. Place du Bouffay, les chaises volantes colorées de « Stellar » sont assurément l’œuvre phare du Voyage à Nantes 2015. Les visiteurs l’analysent, la photographient, souvent avec bonheur. Mais des critiques se font aussi entendre. « On dirait des montagnes russes. Je ne vois pas trop où l’artiste veut en venir », commente Damien. A proximité de la grue Titan jaune, sur l’île de Nantes, la surface lunaire et les petits trampolines d’« On va marcher sur la lune » sont pris d’assaut par les familles. « Mes enfants préféraient la piscine à balles de l’an dernier », relaie Emmanuelle, porte-parole de ses deux garçons. La plupart des couples et célibataires sans enfant y voient, eux, « peu d’intérêt ».

On va marcher sur la lune, grue jaune, île de Nantes - F.Brenon/20Minutes

Sur le canal Saint-Félix, les illustrations et graffs d'« Asie Riderz » recouvrant les parois d’une péniche plaisent beaucoup, « mais pas autant que la Villa ocupada » du Voyage à Nantes 2014, note Diego. « Ça manque de relief », ajoute son ami. Quand à la structure piquante de Vincent Mauger, visible l’été dernier place du Bouffay et désormais installée au parc des Chantiers, elle est toujours autant diversement appréciée.

Elles déçoivent largement. A coup sûr, l’œuvre « Terre en chantier » signée Aymeric Caulay ne suscite pas le même enthousiasme que les autres propositions. Ce tractopelle en briquettes orangées, posé comme un ovni posé au milieu du cours Cambronne, ne semble ravir ni les riverains, ni les promeneurs. « On a vu mieux », sourit Jessica. « Quelle que soit l’intention qui est derrière, ça reste une pelleteuse grossière en briques », constate Jean-Michel. « C’est exactement ce que je n’aime pas dans l’art contemporain », renchérit sa compagne. « Dites-moi que ça ne va pas rester, s'inquiète Dominique. Ce jardin magnifique est l’une des beautés de la ville de Nantes. Au lieu de le mettre en valeur pour l'été, on le dénature avec cette sculpture bon marché. » Commentaires moins virulents mais déception comparable pour l’exposition de Tatzu Nishi présentée dans la Hab Galerie. « C’est assez vide, je m’attendais à quelque chose de plus riche », indique un visiteur. « J’avais adoré l’hôtel sur la fontaine de la place Royale et la Villa cheminée [signés également Tatzu Nishi]. Mais là, en intérieur comme ça, je ne m’y retrouve pas. Tant pis. J'apprécierai davantage la prochaine exposition », philosophe Danielle.

Expo Tatzu Nishi, Hab Galerie, Hangar à bananes - F.Brenon/20Minute