Notre-Dame-des-Landes: Les anti-aéroport gardent «des motifs d'être optimistes»

JUSTICE Le rapporteur public a requis le rejet des recours environnementaux. Le tribunal administratif rendra sa décision le 17 juillet...

Frédéric Brenon

— 

Les opposants à l'aéroport se sont réunis non loin du tribunal administratif de Nantes ce jeudi.
Les opposants à l'aéroport se sont réunis non loin du tribunal administratif de Nantes ce jeudi. — F.Brenon / 20Minutes

Comme on pouvait s’y attendre, le rapporteur public a demandé ce jeudi au tribunal administratif de Nantes de rejeter les 17 recours environnementaux déposés contre les arrêtés préfectoraux autorisant le coup d’envoi des travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le tribunal ne rendra sa décision que le 17 juillet, mais on sait que la préconisation du rapporteur public est suivie par les juges dans la plupart des cas.

La compensation environnementale pointée du doigt

Les opposants à l’aéroport, qui fondaient beaucoup d’espoirs sur ces recours concernant les atteintes faites aux zones humides et le transfert des espèces protégées, ont-ils déjà perdu la partie ? Pas sûr. Leurs avocats ont semblé marquer des points en insistant sur les « insuffisances » et « lacunes » de la méthode de compensation environnementale proposée par l’aménageur (Vinci), lacunes qui avaient également été pointées du doigt par le collège d’experts scientifiques sollicités par la commission du dialogue en 2013.

« J’ai l’impression que l’importance de ce projet justifie qu’on soit ici plus souple avec la réglementation », a dénoncé à l’audience Thomas Dubreuil, avocat des requérants. Ce dernier a aussi défendu avec vigueur « l’alternative environnementale » que pouvait constituer un réaménagement de l’actuel aéroport Nantes-Atlantique.

« On garde une lueur d’espoir »

« Il y a des motifs d’être optimistes, même s’il demeure des désaccords fondamentaux avec le rapporteur public, réagit Thomas Dubreuil. Les juges ne le suivent pas toujours. Ça s’est déjà vu sur de gros dossiers. » « Ce qu’on a entendu du rapporteur n’est pas très réjouissant pour le droit à l’environnement. Mais on garde une lueur d’espoir. Ce n’est que la première manche », commente Françoise Verchère, coprésidente du collectif des élus doutant de la pertinence du projet (CeDpa).

De leur côté, les partisans du projet sont forcément satisfaits par les préconisations du rapporteur public, qui vont toutes dans leur sens. Mais ils ne fanfaronnaient pas à la sortie de l’audience. « Les conclusions du rapporteur ont fait l’objet d’une analyse précise du dossier », considère Eric Delobel, directeur du futur aéroport du Grand Ouest.