Nantes: Le Navibus a 10 ans et des envies de développement

TRANSPORTS Le Navibus Loire est plébiscité par les habitués et les touristes. Beaucoup réclament de nouvelles liaisons. Mais le directeur de la Tan est sceptique...

Frédéric Brenon

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Le Navibus relie la Gare maritime à Trentemoult en un peu moins de dix minutes.
Le Navibus relie la Gare maritime à Trentemoult en un peu moins de dix minutes. — F.Brenon/20Minutes

Voilà dix ans que le Navibus Loire enchaîne les allers-retours entre Trentemoult et la Gare maritime. Dix ans qu’il séduit les fidèles habitués de la semaine et les touristes du week-end. Pour marquer le coup, l’équipage et Finist’mer, la société qui exploite le service pour le compte de la Tan, convient les usagers à une fête musicale ce samedi après-midi Gare maritime. Une initiative qui illustre à merveille l’ambiance atypique qui règne à bord de ce mode de transport dont la fréquentation (550 000 passagers l’an passé) a presque doublé depuis son lancement.

La bise au personnel, des bouteilles de champagne…

« C’est beaucoup plus convivial que le bus ou le tram. Ici, quand on est un peu en retard, si l’équipage nous aperçoit, on nous attend », assure Christine. « Certains habitués font la bise au personnel en montant. J’ai même vu une dame leur offrir deux bouteilles de champagne car elle changeait de boulot et ne prendrait plus le bateau », raconte Anne, autre habituée. « Aller bosser en bateau, c’est vraiment dépaysant, confirme Agathe. C’est comme une parenthèse, avant de débarquer en ville. »

Les clients moins réguliers apprécient aussi. « Quand je reçois des amis, la balade sur la Loire avec le Navibus, pour le prix d’un ticket de tram, est un classique au même titre que le château ou les Machines », expliqueJean-Claude. « C’est vrai que je ne viendrais pas aussi souvent boire un verre à Trentemoult s’il fallait prendre un bus ou le tram. Prendre le Navibus fait partie du plaisir », confie Bruno.

A l’embarcadère de Trentemoult. - F.Brenon/20Minutes

De nouvelles dessertes plébiscitées

Cet engouement pour le transport fluvial est d’ailleurs l’une des grandes tendances qui se dégagent du grand débat sur la Loire, qui vient de s’achever. De nombreux témoignages réclament de nouvelles dessertes Navibus, que ce soit vers l’île de Nantes ou, en aval, vers Saint-Herblain ou Couëron.

Le directeur de la Semitan, Alain Boeswillwald, se montre toutefois prudent. « Il y a un côté très séduisant, bien sûr, mais c’est aussi un service qui coûte cher en fonctionnement et en investissement. De plus, à chaque escale, on perd beaucoup de temps à l’accostage, ça ralentit nettement le trajet. Avec la navette actuelle, par exemple, si on rajoutait une escale sur l’île de Nantes, on ne pourrait plus tenir la fréquence actuelle de 10 minutes, et peut-être que les clients seraient moins intéressés. »

« Pas sûr qu’il y ait un grand avenir pour des lignes fluviales »

« Il faudra bien réfléchir, poursuit le directeur. Autant la fonction passeur d’une rive à l’autre marche bien, autant je ne suis pas sûr qu’il y ait un grand avenir pour des grandes lignes fluviales. Il n’y a d’ailleurs pas beaucoup d’exemples de lignes fluviales en dehors qui connaissent le succès. »

Le Navibus Loire fonctionne sept jours sur sept, toutes les 10 minutes en heures de pointe, toutes les 20 minutes le reste du temps. De 7h à 19h50 en semaine, jusqu’à minuit le vendredi et le samedi. Deux bateaux sont utilisés, avec deux personnels à bord. Ils peuvent accueillir 95 passagers maximum.