Nantes: Les taxis manifestent contre l'arrivée d'UberPop

SOCIETE Les chauffeurs de taxis profesionnels dénoncent une concurrence «déloyale et illégale» de la part du service américain de mise en relation de clients et conducteurs...

Frédéric Brenon
— 
Taxi manifestant contre UberPop devant la cité des congrès de Nantes.
Taxi manifestant contre UberPop devant la cité des congrès de Nantes. — F.Brenon/20Minutes

Plus d’une cinquantaine de chauffeurs de taxis manifestent depuis ce lundi midi dans les rues de Nantes contre l’arrivée d’UberPop. Le service américain de mise en relation entre clients et conducteurs de voiture via une application mobile a en effet annoncé ce lundi son arrivée dans la Cité des ducs.

La plupart des taxis sont rassemblés devant l’hôtel Novotel de la Cité des congrès où UberPop reçoit les automobilistes intéressés pour devenir conducteur rémunéré. D’autres sont à la préfecture où une réunion se tient depuis 14h entre des représentants des taxis et le préfet.

«Ils ne paient pas de charges, pas de licence»

Si les taxis sont autant en colère, c’est parce qu’ils jugent UberPop comme une concurrence « déloyale et illégale ». « Les chauffeurs n’ont pas de charges sociales, ne paient ni licence, ni assurance spécifique au transport des personnes. Leurs courses sont moins chères que les nôtres. Ils peuvent prendre des gens n’importe où. Ils n’ont pas à investir dans un taximètre, n’ont pas de contrôles réguliers. Bref, on ne peut pas lutter », s’alarme Christophe, chauffeur de taxi depuis six ans.

« C’est un peu comme si du jour au lendemain j’ouvrais un bar où je veux, sans aucune licence, et que je vendais les boissons moins chères que les autres », fait remarquer Julien, taxi depuis deux ans et demi.

« Dans les autres villes où Uber est présent, l’impact sur la profession est déjà énorme. Une personne qui touche le chômage mais qui travaille tous les pour UberPop peut rapidement gagner plus qu’un chauffeur de taxi soumis à des tas de contraintes », estime Jérémy, chauffeur de taxi depuis 8 ans.

« C’est sûr que ça va clasher »

Les taxis appellent le grand public « à ouvrir les yeux » et à « ne pas collaborer avec Uber ». « C’est l’effet de la mondialisation. Les autres professions ne sont pas à l’abri d’être touchées un jour par des services concurrents de ce type », ajoute Jérémy.

Ils demandent au préfet de publier, comme l’ont déjà fait les préfets de Gironde et du Nord, un arrêté préfectoral interdisant l’activité d’UberPop en Loire-Atlantique, « même si dans les faits ça ne règle pas tout ». A défaut, beaucoup se disent prêts à intensifier les actions de protestation. Voire à en découdre avec les conducteurs d’Uber à Nantes. « Si l’on en croise, c’est sûr que ça va clasher », annonce un taxi professionnel.

Jugé illégal par le gouvernement français, faisant l’objet poursuites judiciaires en cours, UberPop profite du flou juridique entourant sa situation en France pour poursuivre son développement.