Pays de la Loire: Prison avec sursis pour l'auteur d'un tweet injurieux attribué à un élu

JUSTICE Un jeune homme de 21 ans a été condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir usurpé, sur le réseau social, l'identité d'un élu du Maine-et-Loire...

20 Minutes avec AFP

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Illustration Twitter
Illustration Twitter — S.Salom Gomis/SIPA

L'auteur d'un tweet injurieux envers une supposée victime palestinienne de frappes israéliennes, attribué à un élu de Maine-et-Loire, a été condamné mercredi à Angers pour cette usurpation d'identité à six mois de prison avec sursis.

En juillet dernier, émis à partir d'un compte twitter attribué à Jacques Renaud, un adjoint au maire de Montreuil-Juigné, au nord d'Angers, qui n'en possédait pas, le message commentait une photo montrant une équipe de secours tenant un enfant ensanglanté présenté comme palestinien, qu'il comparaît à de «la viande hallal».

«Je retrouve mon honneur et ma dignité»

Ce tweet avait déclenché sur la toile un torrent de réactions indignées, mais aussi «un déferlement de haine» contre l'élu et sa famille, comme l'a rappelé son avocat, Pierre Brossard. Sur la toile, la phrase «Jacques Renaud doit être viré» avait reçu 42.000 j'aime, a souligné l'avocat. L'élu avait été obligé de quitter son domicile.

Très digne, il a fait part lors de l'audience de «la souffrance, la douleur et le choc psychologique» dont il a été victime. «J'ai du mal à me remettre, il y a une profonde blessure qui a du mal à se cicatriser», a dit l'élu, qui n'a cependant demandé qu'un euro pour le préjudice moral subi. «Aujourd'hui, je retrouve mon honneur et ma dignité», a-t-il assuré.

Jeune homme est «désoeuvré»

L'auteur du tweet, âgé de 21 ans, a en outre été condamné à deux ans de privation de ses droits civils, civiques et de famille. Il lui a présenté ses excuses dans le bureau du procureur.

«Je ne sais pas pourquoi j'ai écrit ça», a-t-il confié à la presse conviée au dernier moment à cette audience. «Je ne me suis pas rendu compte des mots que j'ai écrits. Je ne pensais pas que ça allait prendre cette ampleur-là», a-t-il dit.

Déscolarisé à la fin de la seconde, à 16 ans, le jeune homme est «désoeuvré, n'a pas de contact avec l'extérieur, passe ses journées sur internet», a pointé son avocate, Nathalie Valade. «Le monde qui est le sien est un monde virtuel», a-t-elle ajouté, assurant à l'issue de l'audience que son client «avait pu prendre la mesure du préjudice» causé à M. Renaud.