Nantes: Quel premier bilan pour le grand débat sur la Loire?

SOCIETE Après 8 mois de consultation, le grand débat « Nantes, la Loire et nous » est clos. Le point sur les premiers enseignements…

Frédéric Brenon
— 
Des cyclistes sur les bords de Loire. Au fond le pont Eric Tabarly. S.SALOM-GOMIS/SIPA/1409011709
Des cyclistes sur les bords de Loire. Au fond le pont Eric Tabarly. S.SALOM-GOMIS/SIPA/1409011709 — SIPA

Lancé en octobre dernier, le grand débat « Nantes, la Loire et nous » portant sur l’avenir de la métropole et de son fleuve est clos depuis samedi soir. La remise du rapport officiel est attendu début septembre. En attendant, l’heure est au premier bilan.

Une mobilisation un peu décevante. En huit mois, le débat totalise 112 cahiers d’acteurs rédigés, 27 auditions publiques, 4 séminaires d’acteurs rassemblant 160 participants, 24 citoyens ayant travaillé en comité durant 5 week-ends, 261 habitants ayant participé à la journée de réflexion citoyenne du 30 mai. Le site Internet officiel, principal point d’entrée du débat, a également été consulté par 29.000 visiteurs et reçu 791 contributions individuelles. Deux chiffres très décevants compte tenu de la durée de la consultation et des moyens de communication mis en œuvre. « C’est peut-être modeste, mais il y avait une réelle richesse de propositions écrites. Et elles ont suscité de multiples commentaires sur le site, estime Philippe Audic, l’un des cinq membres indépendants de la commission du débat. L’un des objectifs prioritaires était de permettre aux gens de s’exprimer sur différents canaux et ainsi croiser les points de vue. Cet objectif est largement atteint. » « Même ceux qui n’ont pas franchi le pas, je suis convaincu qu’ils ont été intéressés par ce débat et qu’ils le seront par ce qu’il en ressortira », positive Jean Yves Martin, membre indépendant de la commission. Autre bémol évoqué par la commission : les échanges « étaient souvent nanto-nantais ».

Des tendances qui se dégagent. Parmi les contributions émises, le sentiment d’une « Loire délaissée », qu’il faut reconquérir, fait presque l’unanimité. Cela se traduit notamment par « l’envie d’un accès facilité » aux berges du fleuve pour s’y promener, naviguer ou simplement contempler la vue. Le souhait de voir s’ accentuer la pratique du nautisme a aussi été exprimé à de nombreuses reprises. Sur la question des déplacements, le développement des Navibus par de nouvelles liaisons ou de nouveaux arrêts semble plébiscité. Le projet d’un nouveau pont transbordeur pour franchir le fleuve entre l’île de Nantes et le quai de la Fosse a également reçu de nombreux soutiens. Pour autant, aucune solution de franchissement ne fait consensus. « La journée citoyenne du 30 mai a par exemple révélé que les franchissements intermittents (pont mobile ou transbordeur) n’étaient pas considérés comme une priorité », évoque Martine Staebler, membre indépendante de la commission

Que va-t-il ressortir de ce long débat ? La question revient souvent dans la bouche des participants. La commission du débat va désormais analyser l’ensemble des contributions et en tirer les conclusions et perspectives. Celles-ci seront consignées au sein d’un rapport remis début septembre à Johanna Rolland, présidente de Nantes métropole, et aussitôt mis en ligne pour le grand public. La collectivité devrait ensuite présenter ses réponses et ses décisions en décembre 2015. « Ce rapport est un processus d’aide à la décision. Ce sera aux élus de prendre en compte les préconisations ou d’expliquer ce qu’ils ne prennent pas en compte », explique Philippe Audic. L’attente des contributeurs sur ce point est « très grande », reconnaît la commission du débat. « On veillera à cette prise en compte par les élus. On s’y engage », assure Martine Staebler.