Loire-Atlantique: Le parc Planète Sauvage et ses dauphins en captivité font des vagues

ANIMAUX Un collectif s'inquiète des conditions de vie des sept pensionnaires du Safari parc de Port-Saint-Père...

Julie Urbach

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La cité marine de Planète Sauvage — J. Urbach/20 minutes

Ils sont les chouchous des enfants, acclamés comme des stars. Parfois, on a même l’impression qu’ils rigolent. Mais les dauphins présentés dans les parcs animaliers, comme à Planète Sauvage, sont-ils vraiment heureux ? Pas franchement, à en croire les membres de « C’est assez ».

Depuis quelques semaines, ce collectif qui œuvre pour « la défense des cétacés captifs » hausse le ton. Notamment au sujet de Lucille, arrivée depuis un mois au delphinarium de Port-Saint-Père (Loire-Atlantique), à la suite d’un échange avec les Pays-Bas.

Stressée ou en cours d’adaptation ?

La femelle dauphin de 25 ans n’est toujours pas sortie de son bassin pour aller au contact de ses congénères. « Elle est très stressée et déprime comme la majorité des dauphins en captivité, avance Jean-François Dublé, membre de « C’est assez », qui organise une manifestation devant le parc samedi prochain. Elle a été séparée de son groupe et se sent perdue. »

A Planète Sauvage, les explications sont toutes autres. « Les dauphins ont l’habitude de ces mouvements mais ont des personnalités différentes, explique Martin Boye, responsable scientifique du safari parc. Certains se méfient de leur nouvel environnement, et c’est normal. On va donc la laisser aller à son rythme, et en aucun cas la forcer. »

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Travaux de recherche

Si la situation ne semble pas inquiéter les responsables du parc, c’est qu’un laboratoire en éthologie (comportement animal), en coordination avec l’université de Rennes-1, travaille sur place depuis dix ans pour tenter de mieux connaître ces espèces. Quand les sept mammifères marins ne sont pas avec les soigneurs ou applaudis par des milliers de curieux, ils participent à des travaux de recherche impossibles à réaliser dans leur milieu naturel. C’est à Planète sauvage que la communauté scientifique a par exemple pu apprendre que les dauphins étaient sensibles au champ magnétique.

Pour autant, aucune véritable mesure sur le bien-être des dauphins n’a encore pu être réalisée. « Mais personne ne nous a jamais démontré le contraire, explique Martine Hausberger, directrice de recherche à l’université Rennes-1. Pour nous, le bien être animal est important : nous attendons toujours que l’on nous présente l’étude qui démontrera le caractère néfaste de la captivité sur l’animal ».

Libérer les dauphins

Au-delà du cas de Lucille, les opposants militent pour que l’intégralité des dauphins en parcs animaliers (dont les trois en France : Planète Sauvage, parc Asterix et MarineLand) retrouvent la mer. « Ces espèces ont besoin de nager des centaines de kilomètres par jour, d’avoir de la profondeur, ce qui n’est absolument pas le cas ici. Etudier ces animaux, c’est comme étudier les comportements des hommes en observant des prisonniers, en cellule », assure le collectif.

En haute saison, 3.000 à 4.000 visiteurs viennent admirer chaque jour les cétacés et le millier d’autres animaux que compte le parc. Le site s’est imposé l’an passé comme le 5e site touristique de Loire-Atlantique, avec une fréquentation en hausse de 20 %.

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