Nantes: Des chercheurs sur la piste d'un vaccin contre les allergies aux acariens

SANTE Un nouveau vaccin préventif contre l'asthme dû aux acariens est en développement à l'Institut du thorax. Il a déjà montré son efficacité sur des souris...

Julie Urbach

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Illustration de vaccination.
Illustration de vaccination. — SAURA PASCAL/SIPA

Ce sont de toutes petites bêtes logées dans la literie qui pourrissent la vie d’un Français sur dix. Peut-être plus pour longtemps. Depuis plusieurs années, les acariens (et les crises d’asthme qu’ils provoquent) sont dans le collimateur des chercheurs de l’institut du thorax, à Nantes. L’équipe vient de publier l’avancée de ses travaux dans une revue scientifique américaine de premier plan : elle a réussi à mettre au point un vaccin contre les deux principales sortes d’acariens, pour le moment efficace sur des animaux.

Traitement une fois pour toutes

Dans ce laboratoire nantais, des souris rendues asthmatiques ont été totalement guéries. « L’idée est la même que la vaccination contre un microbe, explique le professeur Antoine Magnan, responsable de l’équipe Pathologies bronchiques et allergies. Ici, on expose l’animal à une partie de l’allergène, un petit bout appelé peptide qui ne provoque pas d’allergie. On arrive ainsi à rééduquer le système immunitaire en le rendant normal vis-à-vis des acariens. »

Ce principe, les traitements comme la désensibilisation l’utilisait déjà. Mais avec ce vaccin, l’équipe de chercheurs, en lien avec un laboratoire autrichien, espère mettre au point un procédé drastique, et surtout sans effets secondaires. « Prendre des gouttes tous les jours, ça marche plutôt bien, mais c’est aussi très contraignant, continue Antoine Magnan. Sans compter les réactions que cela provoque chez certains patients : bouche qui enfle, gorge qui gratte… Ce que l’on veut, c’est enfin un traitement de longue durée qui se fasse une fois pour toutes, ou tous les deux-trois ans. »

Encore quelques années pour l’adapter sur l’homme

L’adaptation de ce vaccin sur l’homme devrait cependant demander encore une petite dizaine d’années de travail, afin de s’assurer notamment qu’il ne déclenche pas d’autres maladies. « Mais il pourrait aussi suffisamment modifier le système immunitaire pour que d’autres allergènes deviennent inactifs, espère Antoine Magnan. Ça, on ne le sait pas encore… »

Une fois mis au point, il devrait s’agir d’un traitement préventif qui concernera plus particulièrement les sujets à risques, comme les enfants dont les deux parents sont touchés. L’asthme est devenue aujourd’hui la maladie chronique la plus fréquente chez les enfants.