Présidence du MIN de Nantes: «C'est un hold-up de la démocratie» dénonce l'opposition

POLITIQUE Les élus de droite et du centre dénoncent la «mainmise» de la majorité PS sur les différentes instances de Nantes métropole et le cumul des fonctions de Pascal Bolo...

Frédéric Brenon

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Johanna Rolland, maire PS de Nantes, et son premier adjoint, Pascal Bolo
Johanna Rolland, maire PS de Nantes, et son premier adjoint, Pascal Bolo — Fabrice Elsner/20MINUTES

Après le vice-président socialiste de Nantes métropole et maire de Rezé Gérard Allard la semaine dernière, l’opposition de droite et du centre a vivement critiqué à son tour ce lundi la présentation de Pascal Bolo à la présidence du marché d’intérêt national (MIN) de Nantes.

Sauf revirement de situation, le premier adjoint PS au maire de Nantes devrait en effet être élu à la tête de la Semminn, la société d’économie mixte gestionnaire du MIN, en remplacement d’Alain Robert, qui ne souhaite pas poursuivre.

Pascal Bolo critiqué pour ses fonctions multiples

« Même si en façade Johanna Rolland est la présidente de Nantes métropole, on voit bien que, derrière, ce sont toujours les mêmes hommes qui pilotent. On a en particulier un Pascal Bolo qui tire de plus en plus de manettes », déplore Laurence Garnier (UMP), chef de file de l'opposition nantaise. Et d’énumérer les fonctions de ce dernier : 1er adjoint au maire chargé des finances, vice-président de Nantes métropole en charge des finances, de l’emploi et du sport de haut niveau, conseiller départemental, président de la Semitan, président de la Maison de l'emploi, président de la Mission locale, président de l’Ecole de la deuxième chance, trésorier de l’Auran, administrateur de l’école Audencia.

« Si l’on cumule tout, il gère 1,6 milliard de budgets et environ 10.000 personnes » calcule Laurence Garnier. « On a pitié pour sa santé. On ne sait s’il tiendra le coup longtemps » ironise Marie-Cécile Gessant, maire de Sautron (DvD).

« Ces gens-là acceptent le cumul des pouvoirs »

« C’est un hold-up de la démocratie, insiste Joël Guerriau, maire de Saint-Sébastien (UDI). Ces gens-là défendent publiquement le non-cumul des mandats mais acceptent dans les faits le cumul des pouvoirs. Or ce cumul des pouvoirs leur donne la possibilité d’éviter l’arbitrage et la concertation sur de multiples dossiers. »

Au-delà du seul Pascal Bolo, l’opposition dénonce « la mainmise de la majorité » dans les conseils d’administration des sociétés publiques et instances de la métropole et la « surreprésentation des élus nantais ».

Elle ne décolère pas de ne disposer d’aucune voix au sein de la Semminn alors que six élus de gauche représenteront Nantes métropole et le département à son conseil d’administration. « C’est scandaleux, inadmissible quand on connaît les résultats des dernières élections départementales où la majorité socialiste est, en réalité, minoritaire en voix, estime Joël Guerriau. Nous nous autoriserions un 1/10e de ce qu’ils font, tout le monde nous tomberait dessus. » «Le système n'est plus tenable. Plus aucune grande métropole française ne fonctionne comme Nantes métropole aujourd'hui», assène Laurence Garnier.

Sollicité, Pascal Bolo n’a pu être joint. Johanna Rolland avait, elle, estimé la semaine dernière que cette polémique n'était «pas à la hauteur des enjeux de la sixième métropole française».

Le marché d'intérêt national de Nantes doit être transféré de l’île de Nantes à Rezé en 2018 afin de librérer de la place pour l'implantation du nouveau CHU.