Notre-Dame-des-Landes: La famille menacée d'expulsion a 18 mois pour quitter les lieux

PROJET D'AEROPORT Le concessionnaire du futur site, Aéroports du Grand Ouest (AGO), demande l'expulsion d'une famille locataire d'une maison située sur la zone...

J.U. avec AFP

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LIMINBOUT, le 02/12/2012 
Christiane et Claude HERBIN
Maison dont les locataires risquent l expulsion dans le cadre des travaux imminents de l aŽroport Notre Dame des Landes

FABRICE ELSNER / 20 MINUTES
LIMINBOUT, le 02/12/2012 Christiane et Claude HERBIN Maison dont les locataires risquent l expulsion dans le cadre des travaux imminents de l aŽroport Notre Dame des Landes FABRICE ELSNER / 20 MINUTES — FABRICE ELSNER / 20 MINUTES

Elle espérait un délai de trois ans, elle devra faire ses valises plus tôt. Le tribunal d'instance de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), saisi d'une demande pour faire expulser une famille occupant une maison située sur la zone où doit être construit l'aéroport contesté de Notre-Dame-des-Landes, lui a accordé un délai de 18 mois pour quitter les lieux, a-t-on appris mercredi.

«Ce n'est pas négligeable, mais la loi peut autoriser le double, jusqu'à trois ans, donc ça ne me semble pas satisfaisant», a réagi Me Stéphane Vallée, l'avocat de la famille. La famille devra également payer une indemnité mensuelle de 130 euros au concessionnaire du futur site, Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale de Vinci, ainsi que 5.000 euros d'arriérés de loyer.

Occupants sans droit ni titre

La famille Herbin, un couple et son enfant habite depuis 1996 une maison située sur la zone où doit être construit l'aéroport, et que son propriétaire a vendue à l'Etat en janvier 2009, sans mentionner la présence de locataires, qui étaient devenus occupants sans droit ni titre.

AGO avait saisi à l'automne le tribunal d'instance en référé d'une demande d'expulsion, mais le juge s'était déclaré incompétent, considérant qu'il y avait une «contestation sérieuse», et avait demandé de saisir le tribunal au fond.

Lors de l'audience, le 25 mars, AGO avait réclamé une expulsion dans le délai minimum légal, c'est-à-dire deux mois.La société avait saisi une première fois saisi la justice, avant de suspendre la procédure d'expulsion en 2012.

Une fête ce jeudi

Ce jeudi, une fête est organisée à partir de midi au village du Liminbout, où habite la famille. «En nous tenant aux cotés de la famille Herbin dans cette épreuve, nous voulons montrer que, plus que jamais, notre détermination à ne pas laisser expulser les habitants de la zone est intacte», écrit l'Acipa, principale association anti-NDDL, sur son site Internet.