Loire-Atlantique: Un peu en retard, le muguet sera tout de même au rendez-vous du 1er mai

ECONOMIE La cueillette du muguet touche à sa fin dans le bassin nantais. Confrontés cette année à une floraison tardive, les producteurs s'inquiètent aussi d'une érosion des ventes...

Frédéric Brenon

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Production et recolte de muguet dans la societe Lilyval a Saint Julien de Concelles pres de Nantes.  
S Salom-Gomis/SIPA/1504231835
Production et recolte de muguet dans la societe Lilyval a Saint Julien de Concelles pres de Nantes. S Salom-Gomis/SIPA/1504231835 — SIPA

C'est chaque année le même défi pour les 6000 salariés participant à la récolte du muguet nantais, lequel représente à lui seul 85% de la production nationale. Quelle que soit la météo, il faut absolument que la floraison de la plante porte-bonheur soit fin prête le jour J, pour le traditionnel rendez-vous du 1er mai. Et contrairement à 2014, où son développement avait été marqué par une grande précocité, les producteurs doivent cette fois composer avec un muguet plutôt en retard.

La technique du forçage pour rattraper le retard

«L'hiver a été tardif, les sols sont restés froids. Tous les brins n'étaient même pas sortis de terre début avril», explique Patrick Verron, conseiller technique à la fédération des maraîchers nantais. Pas de panique toutefois, les professionnels savent comment s'y prendre. «On a recours à la technique du forçage qui consiste à augmenter la chaleur et la luminosité avec des châssis de verre ou du plastique afin d'accélérer la croissance. Le retard sera rattrapé. Il y aura bien du muguet pour tout le monde au 1er mai», assure Gaëtan Corgnet, président des producteurs nantais, lesquels achèvent la cueillette ce week-end ou lundi.

L'érosion des ventes inquète

Les volumes de muguet produits sont également jugés «très corrects» cette année. Pas de quoi bouleverser les prix, négociés très en amont auprès des grossistes (environ 15 euros la botte de 50 brins qualité «extra»). Non, ce sont plutôt les ventes qui inquiètent les maraîchers. «Elles stagnent ou baissent légèrement depuis quelques années, cela devient soucieux, déplore Gaêtan Corgnet. La crise pousse les consommateurs à faire attention, ils se font moins facilement plaisir. Cela se ressent également auprès des grossistes qui commandent moins. Ils préfèrent manquer de muguet que d'avoir des pertes à gérer.»

Tri du muguet dans la societe Lilyval à Saint-Julien-de-Concelles.S. Salom-Gomis/SIPA

La concurrence du muguet sauvage

La concurrence du muguet sauvage, autorisé à la vente le 1er mai à condition de n'y ajouter ni fleur ni emballage et de ne pas s'installer trop près d'un fleuriste, sévit aussi, a fortiori les années où la floraison n'est pas précoce. «L'an dernier, le muguet des bois était fané au 1er mai, ça ne posait pas de problème, raconte Patrick Verron. On en trouve beaucoup dans l'est de la France ou à proximité de la région parisienne. La qualité n'est pas la même, les brins sont plus ramassés et il y a rarement plus d'une dizaine de clochettes, mais il plaît aussi.»

«Quelques clochettes vertes en haut»

Pour choisir un beau brin de muguet, il faut que celui-ci soit «élancé, qu'il reste quelques clochettes vertes en haut de la tige et que celles du bas ne soient pas fanées» indique Gaëtan Corgnet. Trempé dans l'eau, il pourra alors facilement tenir en fleur «cinq à six jours» à domicile.