Jean-Marc Ayrault se livre dans un film réalisé par sa fille, ce lundi soir sur France 3

TELEVISION «Mon père, ce Ayrault», diffusé ce lundi soir à 22h25, s'intéresse à ses derniers moments en tant que Premier ministre et à l'après-Matignon...

Julie Urbach

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Elise et Jean-Marc  Ayrault
Elise et Jean-Marc Ayrault — Un monde meilleur

«Un trop plein qui passe au trop vide ». C’est ainsi que Jean-Marc Ayrault décrit le passage de ses derniers instants en tant que premier ministre à son retour à une vie plus normale. Un an après son départ de Matignon, un documentaire de 52 minutes réalisé par sa fille de 37 ans Elise, journaliste de formation, est diffusé ce lundi soir à 22h25 sur France 3 (mais déjà visible en ligne).

Mon père, ce Ayrault nous fait découvrir ces moments-clé de l’intérieur grâce à des images officielles commentées notamment par François Hollande, et des séquences plus personnelles tournées le soir même de la démission de son père et pendant les mois qui ont suivis.

Plus libre

Discret depuis son retour à Nantes, qu’il a retrouvé dès qu'il a quitté le gouvernement, l’ancien maire «n’a pas été facile à convaincre, mais il a accepté parce que pour la première fois depuis 35 ans, il n’est plus à la tête d’un exécutif et se sent plus libre» écrit sa fille.

Car après le «choc» de son entrevue avec François Hollande au lendemain de l’échec de la gauche aux municipales, le retour à la gare de Nantes, puis un peu plus tard à sa permanence parlementaire de Saint-Herblain, JMA raconte aussi, alors qu’il est filmé en train de jardiner, être devenu «maître de son temps» et apprécier que les gens le regardent «plus normalement». «J'ai pris du recul, de la distance, explique celui qui a eu le besoin de «partir loin» quelques temps en voyage. Je ne voulais pas qu'il y ait d'amertume.»

Pression de l'entourage

Si le regard bienveillant de sa fille sert forcément le propos, le pari de Jean-Marc Ayrault semble réussi. Sa vexation lorsque Valls est nommé pour conduire un «gouvernement de combat», les remerciements trop tardifs du président, sa «trop grande loyauté» qui le piège dans l'affaire Florange... toutes ces déceptions semblent être digérées, au grand bonheur de sa fille, qui met aussi en lumière la pression subie par l'entourage. «C'est un soulagement, lâche Elise, à la fin du film. Pendant deux ans, j'ai eu mal au bide»