La loco les motive énormément

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On la croirait tout droit sortie d'un western. En gare de Nantes, la locomotive à vapeur est la fierté d'une poignée d'aficionados. Chaque jeudi, ils l'entretiennent par petites touches : « On intervient sur la tuyauterie, on installe des barrières de sécurité dans l'optique de ses prochains voyages. » A 60 ans, Daniel Violain, retraité de la fonction publique, est l'un des rares membres de l'association Loco vapeur R 1199 à ne pas être un ancien cheminot. Cela ne l'empêche pas de bien connaître sa machine.

Mordu de chemins de fer depuis l'enfance, il a vu la R 1199 en service jusqu'en 1971. Quelque vingt-sept ans plus tôt, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle avait été commandée aux Américains pour aider à la reconstruction du pays. Plus d'un million et demi de kilomètres plus tard et après avoir failli rejoindre le musée du chemin de fer de San Diego, en Californie, la locomotive est finalement classée aux Monuments historiques en 1984.

« Quand on voit passer un engin pareil, c'est monstrueux. Quelque 192 tonnes de ferraille, des roues d'un mètre soixante-cinq de diamètre, c'est une vraie bête ! Quand les bielles se mettent en mouvement et que les jets de vapeur sont projetés, je ne vous dis pas le bruit que ça fait ! », s'exclame Daniel Violain.

Mais la locomotive à vapeur, c'est aussi une musique. Le tac-tac des essieux. La voix de son sifflet. Ce sont des odeurs de graisse et d'huile chaude. « Une machine en feu, lourde, grosse, qui transpire et qui chuinte », commente Daniel Violain. Il s'installe aux commandes. Un rêve de gosse : « Tout le monde aimerait conduire cette loco ! » Il décrit les indicateurs de pression, les niveaux d'eau. Le 27 mai, la locomotive effectuera sa première sortie de l'année. Une balade entre Nantes et Redon, pour des voyageurs que le temps ne presse pas. Daniel Violain aura le même éclair dans les yeux. Celui de la passion.