Nantes: La maternité du CHU encourage les mamans à rentrer plus tôt à la maison

SANTE La maternité du CHU de Nantes favorise désormais les sorties précoces des mamans venant d'accoucher...

Frédéric Brenon

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A la maternité du CHU, il est désormais possible de rentrer à la maison dès le lendemain de l'accouchement si les conditions sont favorables.
A la maternité du CHU, il est désormais possible de rentrer à la maison dès le lendemain de l'accouchement si les conditions sont favorables. — Martial Ruaud / CHU de Nantes

C’est une mini-révolution à l’échelle de l’hôpital Mère-enfant. A partir de ce mercredi, la maternité du CHU de Nantes, qui a enregistré un peu plus de 4000 naissances l’an dernier, encourage la sortie précoce des mamans venant d’accoucher.

Concrètement, chaque mère qui le souhaite pourra désormais rentrer chez elle avec son bébé dès le lendemain de la naissance si les conditions sont réunies. Un dispositif spécifique de suivi à domicile sera mis en œuvre dans la foulée. La durée moyenne de séjour au CHU était jusque-là de 4 jours pour un accouchement par voie basse et de 5 à 6 jours pour une césarienne.

Surveillance hors de l'hôpital

«La sortie anticipée est uniquement possible sur la base du volontariat, après des examens médicaux favorables de la mère et de l’enfant, explique Norbert Winer, chef du service de gynécologie-obstétrique. Un poste de sage-femme coordinatrice a été créé pour veiller à l’éligibilité. Il faudra ensuite qu’une sage-femme libérale se déplace à domicile dès le lendemain de la sortie, puis une ou deux fois dans les 10 jours. Le bébé devra être ausculté par un médecin dans les 10 jours. Cela suppose une organisation sécurisée, préparée en amont. Il ne s’agit surtout pas de laisser ces mères livrées à elles-mêmes.»

Moins de stress à la maison

«L'idée est de favoriser un retour à la maison le plus tôt possible. La seule obligation, c'est de passer au moins une nuit à l'hôpital, précise Claude Daussy, cadre sage-femme au CHU. Cela répond d’abord à une demande de certaines femmes pour qui l’environnement hospitalier est de nature à créer du stress, en raison des mouvements de personnel, des horaires, des visites, etc. Bien entourées, elles seront plus à leur aise à domicile.» Du côté des jeunes mamans, la nouveauté est accueillie «positivement» à condition  «qu’on ne nous mette pas la pression pour quitter la maternité si on ne le sent pas». L’association Leche League y voit également un «impact positif» pour l’allaitement si la maman «ne se retrouve pas seule une fois à la maison».

Des économies non négligeables

L’autre intérêt de la mesure est de permettre au CHU de libérer davantage de lits et ainsi mieux faire face aux pics d’activité. «C’est un bénéfice en terme d’organisation. Il ne faut pas oublier qu’on  a dû refuser 50 admissions l’an passé faute de place», ajoute Claude Daussy. Moins coûteuse qu’une hospitalisation, un suivi à domicile permet également à l’Etat et à l'Assurance-maladie de réaliser des économies non négligeables dans un contexte où la durée moyenne de séjour en maternité est l’une des plus longues d’Europe.

Favorable à ces sorties précoces, la section syndicale CFDT du CHU de Nantes relève toutefois que «l'argument économique participe largement» à leur mise en place. «Elles vont permettre à l'hôpital d'augmenter sa capacité et ainsi de devenir une maternité plus rentable», analyse le syndicat, qui assure qu'il restera vigilant sur le long terme